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[Clos] La vie devant ses yeux...

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Bryne O'Cuinn
Message Sam 21 Mar - 22:02


L'on raconte que l'on voit la vie défiler devant ses yeux lorsqu'on meurt. Elle ne vit rien que l'obscurité et les regrets. Rien que le froid, la solitude et la tristesse.
Mais, à l'instant un peu avant de perdre connaissance, elle sentit des bras l'attraper. Elle entendit Son cri, déchirant l'obscurité et le silence. Et elle sourit, la femme-ronce, à cette heure où tout son monde s'engourdissait, où sa conscience fuyait. Elle n'avait plus aucune force et elle entendit en elle le cri d'Hagen faire écho à celui de Morwen.
Elle accueillit ces deux tristesses, les englobant dans la sienne, les berçant dans son sein, un sourire apaisé aux lèvres.

Renaître en autre chose, de plus pur, de plus beau, de plus doux. Renaîtraient-elles ainsi ? En deux corps différents mais de nouveau complémentaires ? C'était une idée douce-amère, mais d'une beauté tragique qui convenait bien à cette triste fleur toute entourée de ses ronces noires. Il ne pouvait, dans cette vie présente, exister entre elles les sentiments qu'elles avaient si consciencieusement fait pousser. Une fleur de haine, mais d'amour aussi. Elle voulait mourir la première : parce qu'elle ne voulait pas regarder Morwen mourir. Elle ne voulait pas voir son monde s'écrouler. Redevenir métal froid, robotique chose solitaire. Une épée sans main amie. Juste un outil. Une chose inutile et un peu vaine. Elle voulait qu'elles se rejoignent, quelque part dans ce firmament trop grand pour elles. Elle voulait en vérité la même chose que Morwen : S'il te plait, renaissons en deux âmes amies. Cessons de nous faire souffrir au nom de mauvaises raisons....

---

Elle avait fait un rêve. Un rêve étrangement doux, où elle était un dragon et vivait auprès d'Hagen et d'un autre dragon, une créature de feu, d'un rouge flamboyant. Elle avait rêvé d'eux, si fort qu'en ouvrant les yeux, elle fut surprise de ne pas les voir, de sentir des limites d'un corps humain. Elle avait ouvert les yeux mais seule l'obscurité demeurait. Elle se sentait faible et nauséeuse, cillant pour tenter de percer les ténèbres mais rien ne changea. Elle monta au prix de grands efforts son bras pour protéger ses yeux, la tête prise dans un étau.
La conclusion lui sembla évidente : elle avait survécu. Quel Dieu cruel l'avait-il encore tiré des griffes de la mort attendue ? Mille fois rapiécée et brisée, mille fois recousue, mille fois soutenue, la poupée de chiffons sentit des larmes chaudes couler dans son cou. Pourquoi devoir encore vivre ? Ne pouvait-on la laisser tranquille, dans ce doux songe de dragons. Ce moment de bonheur, si intense au diapason de la déception brûlante de se savoir en vie. A quel prix cette fois ?

Elle entendit une porte s'ouvrir mais ne bougea pas, incapable de voir qui pouvait s'approcher, tentant de se concentrer gauchement sur ses autres sens. "Morwen ?" Demanda-t-elle d'une voix faible. Ses yeux fixes, miroirs vides d'eau verte se tournèrent vers le nouvel arrivant. Pourquoi la cherchait-elle, à cette heure ? Ne devait-elle pas déjà être morte ? Et elle, n'aurait-elle pu rester pour toujours dans ce songe parfait.
"Cela va aller." Fit la voix familière d'Hagen dans son esprit et la jeune femme s'en trouva d'autant plus confuse, incapable de comprendre où elle se trouvait ni qui était vraiment avec elle. "Hagen ? C'est toi ? Hagen ?" Elle appela son dragon comme un enfant apeuré appelle sa mère, et elle l'entendit de nouveau, lui dans son esprit. "Doucement, Bryne. Je ne suis pas très loin. Ne t'affole pas." Elle s'apaisa de sa voix. Hagen était là. Mais où était Morwen ? Sûrement morte. Alors pourquoi pas elle ? Par tous les Dieux, pourquoi pas elle ?


Le médecin l'avait dit, il y aurait des séquelles car elle aurait déjà de la chance de survivre au poison violent. Et il y en eu. Car les yeux d'eau verte ne verraient plus. Et la tête tournait comme celle d'un oiseau affolé alors qu'elle cherchait à prendre ses repaires et à savoir qui approchait... C'était bien la première fois que la poupée de métal était si vulnérable.




Dernière édition par Bryne O'Cuinn le Lun 30 Mar - 0:47, édité 1 fois
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Caeruleus Ubieto
Message Dim 22 Mar - 12:24




Ses yeux bleus avaient suivit la silhouette encapuchonnée qui avait traverser les jardins détruits de Lindorm. Une silhouette éphémère, étrangement suivit d'un vent de brouillard. Et il était là resté là, debout face à cette fenêtre, fixant la silhouette de cette femme qu'il haïssait et qui pourtant en cet instant comptait sur lui.
Il savait où elle allait, il l'avait bien comprit, il n'y avait pas besoin d'être un génie pour comprendre. Il n'avait rien fait pour l'en empêcher. Il avait dit tout ce qu'il avait à dire dans cette lettre, pour elle, et pour Morwen. Lui aussi aurait pu voler à son secours, décider de disparaître dans un néant, car son existence était étroitement lié à cette criminelle de guerre. Mais il avait plus important à faire.
Tournant la tête, il fixa la silhouette endormie dans son lit et un fin sourire s'étira sur ses lèvres légèrement pincées. Il avait quelqu’un qu'il devait protéger, c'était enfin son tour.
Alors même si dans son cœur brûlait l'envie de courir pour les rejoindre, il resta là, immobile, ses yeux scrutant avec une tendresse infinie les cheveux blonds étalés sur l'oreiller, cette bouche qu'il avait baiser tant de fois, cette nuque légèrement tordue, ce souffle profond, chaud qui savait faire frisonner sa peau comme personne. On comptait sur lui, il ne pouvait pas, et il avait promit, qu'il veillerait sur ce qui resterait, si jamais il se passait quoi que se soit.

"Elle se dirige vers la tour perlée" Souffla la voix mystérieuse de Fog dans l'esprit de Caeruleus. Les mains dans le dos, fixant Laragon qui s'étendait dans la nuit, il finit par enfoncer ses lunettes sur son nez et soupira : "Petites idiotes !"

Il attendit, et attendit, avant de finalement enfiler son épais manteau et de sortir sans un bruit, la trace encore chaude de ses lèvres sur la joue veloutée d'Ivar. Il avait fait une promesse, et pourtant à cet instant il la rompait. Il quittait Lindorm, laissant l'académie survivre à elle même, juste pour quelques heures, peut être à jamais, avec ces deux là, on ne savait jamais vraiment. Les yeux verts de Brynn lui revinrent en mémoire, ce regard possessif qu'elle avait eux quand Morwen l'avait plaqué au sol. Il aurait dû s'en douter, depuis tant d'année, il savait qu'entre elles d'eux il y avait bien plus qu'une folie passagère.

A peine eut-il mit un pied dehors que le brouillard enveloppa, se glissa contre son corps, mouillant ses cheveux bleus qui glissaient sur son visage hermétique. " Elle a avalé du poison, mais l'Autre ne l'a pas fait. Elle a sauté..."

Son pas était lent, terriblement lent, il ne se pressa pas. Peut être que si Brynn mourrait, Morwen disparaîtrait aussi, ou alors elle deviendrait encore pire, un chaos inimaginable qui fit frisonner Caeruleus, étirant sa bouche dans un léger sourire. Peut être qu'elle reviendrait vers lui, peut être...

Fog eut un petit rire dans son esprit et l'aube se leva doucement, embrasant le ciel de couleurs chaudes. Quelqu'un vint le chercher en courant, lui donnant un message recouvert d'une écriture qu'il connaissait bien. Venir vite ? Et puis quoi encore ?
Il froissa le papier dans le creux de sa main et il accéléra pourtant le pas. Il se mit à courir sans savoir trop pourquoi. Il n'avait pas sommeil, lui qui avait prévu d'aller trouver leur cadavre, de leur offrir une tombe décente et puis peut être...de les y rejoindre, peut être, ou peut être pas.

Il courut, car pour la première fois, elle avait besoin de lui. Elle souhaitait sa présence et dans un réflexe presque canin, il obéit. Morwen dominait son corps, ses réflexes et il suffisait d'un mot ou d'un parole pour qu'il soit à sa merci.
Alors il courut chez ce médecin, poussant la porte sans sonner, il était essoufflé, il jeta son manteau dans un coin, remontant ses manches pour observer ce corps blanc allongé dans une autre pièce. Le médecin lui raconta, le corps déposé, le poison, les séquelles, irréversibles et Caeruleus se contenta de rester là. Car elle lui avait ordonné, demandé, supplié, pour la première fois. Elle ne pourrait pas être là, alors il se tiendrait à ses côtés, à sa place.

Il ferma la porte de la petite chambre et la petite voix de Brynn s’éleva, appelant Morwen. Caeruleus ne dit rien, il tira une chaise et s'assit à ses côtés, sans la toucher. Il voyait bien sur son visage combien elle semblait ne pas comprendre ce qui lui arrivait et même si c'était jouissif de voir la si grande et fière directrice aussi perdu, il dit doucement, pour ne pas la brusquer : "Morwen n'est pas ici..."

De son corps rigide et sec, il tendit ses doigts et les passa devant les yeux de la directrice, elle ne le voyait pas. Sa main se posa doucement sur celle de Brynn il chuchotta : "Ne vous agitez pas, vous êtes blessés..."

Serrant ses doigts, il écrasa sa main dans la sienne et finit par se pencher vers elle, pour murmurer à son oreille : " Notre amie commune m'a demandé d'être là pour vous..." Il se retint de rire en voyant le visage d'ordinaire si froid et hautain, si perdu et incrédule. Sa main remonta le long du bras, frôlant la peau, puis sur l'épaule et s'arrêta sur la trachée. Souriant alors qu'elle ne pouvait pas le voir, il dessina quelques arabesques sur la peau laiteuse et susurra : " Et si je vous tuais ici et maintenant. Et si je finissais le travail, elle ne serait alors qu'à moi...Ma douce maîtresse...Je n'aurais qu'à effacer de son esprit votre souvenir, et elle m'appartiendrait...pour toujours !"

Sa main se mit à presser la gorge, appuyant un peu plus fort, mais pas suffisamment pour que la marque de ses doigts s'y imprime. Il la retira finalement et se mit à rire en se redressant, enfonçant ses lunettes sur son nez, croisant ses jambes : " Mais non voyons, je le ne ferais pas...Elle me tuerais et je n'ai pas encore envie de mourir..."

Se relevant dans un bruit de chaise, il commença à faire les cents pas et finit par s'appuyer contre le mur : "Vous avez perdue la vue Miss O'Cuinn...Votre folie vous à emmener sur une pente que vous ne pourrez jamais remonter..."

Puis soupirant, Caeruleus entreprit de retirer les poils qui était posé sur son manteau et son regard se posa sur Brynn.
Pauvre petite créature...



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Dernière édition par Caeruleus Ubieto le Dim 22 Mar - 20:17, édité 2 fois
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Bryne O'Cuinn
Message Dim 22 Mar - 14:38


Elle était vulnérable, perdue dans un monde sans contours ni relief, ignorant tout du lieu où elle se trouvait, ni son propre état. Elle se sentait lasse, le corps fourbu d'avoir lutté contre le poison et l'inconscience. Il lui était intolérable d'être ainsi réduite à l'impuissance, à l'ignorance totale, plongée dans cette obscurité totale.
Et la voix lui répondit qu'elle n'était pas ici... Morwen était donc morte ? Ou vivante ? Ou simplement partie ?
Plus que sa brusque cécité, les questions angoissantes la plongèrent dans une catatonie pensive, et elle ne réagit pas immédiatement.
Mal habituée à sa nouvelle condition, elle avait du mal à reconnaître la voix de l'homme qui lui répondait. Pourtant, au fond d'elle, ne savait-elle pas déjà de qui il s'agissait ? Le seul avec Fergus à connaître ses crimes. Le professeur aux cheveux bleus, celui qu'elle méprisait si profondément que sa bouche se tordit d'une moue de répulsion en sentant les doigts saisir sa main. Elle voulu fuir ce contact honni mais il serra à lui en faire mal et elle était bien trop faible, détestant pourtant ce geste cavalier de toute son âme.

Elle sentit ce corps se rapprocher du sien, réduite à l'impuissance, tentant de sa main libre, de le repousser, mais elle méjugea l'endroit où il se trouvait et ne poussa que le vide alors que les doigts inconnu du professeur remontait sur sa peau nue, le long de son bras, puis jusqu'à son cou, y traçant des arabesques qui la firent frissonner de dégoût.
"Ne me touchez pas !" siffla-t-elle, petite vipère ne parvenant cependant à se défendre, son corps refusant de lui obéir. Mais Caeruleus était tout près et ses propos l'emplirent d'horreur et de colère. Et d'un étrange soulagement : alors s'il lui disait cela... Morwen était donc vivante ! La jeune femme sentait le souffle chaud sur la peau près de son oreille, et elle eut le réflexe inconscient de laisser sortir ses ronces en deux lianes partant de ses paumes, remontant sur sa peau comme deux serpent pour piquer la main qu'elle sentait toute près, mais il avait déjà reculé.
"Vous me rendriez service en me tuant." Persifla-t-elle, ses yeux verts et fixes se posant sur le visage de Caerus, inconsciemment. "Je vous en prie, ne vous gênez pas. Et je vous souhaite bien du bonheur avant que Morwen ne vous le fasse payer d'une manière plus expéditive que le conçoit votre déplaisante imagination."
Elle fit de nouveau disparaître ses ronces, trop faible pour tenir son don, ces dernières rampant sur son bras, rentrant de nouveau en elle, mais apparaissant sous la peau nue de ses bras, comme la déformation grossière et effrayante de sa peau, où elle ondulaient comme des parasites.
"Vous me faites pitié." Dit-elle, acide, cherchant à se lever, mais ne réussissant qu'à s'entraver dans les draps et à tomber du lit, lourdement, se cognant la tête, du sang lui montant en bouche.
"Et je crois que si le prix de mes pêchés a été mes yeux, alors ce n'était pas encore suffisant. Je donnais ma vie, l'Unique n'a pris que mes yeux... Je dois rentrer à l'académie."

Elle parvint à se lever, ses jambes tremblant comme celles d'un faon nouveau né, mais elle retomba à moitié sur le lit, le visage blême et le front s'ornant d'une sueur fiévreuse. Son dos la tirait et la grattait horriblement là où elle s'était fouettée, et où les plaies formaient des croûtes disgracieuses, visibles dans l'échancrure arrière de sa robe blanche à manches longues à présent qu'elle ne portait plus de cape. Heureusement ses très longs cheveux dissimulait une partie de l'ampleur des dégâts : le sang coagulé qui tâchait tout le dos de sa robe.
Pourtant, elle tenta encore de se relever, n'abandonnant pas, mais, après quelques pas, elle se cogna si rudement à un meuble qu'elle en tomba en arrière, sur les fesses, restant simplement là, complètement désorientée. Elle avait peur, en vérité et cachait cela derrière un masque de courage bravache, semblant accepter son état sans même se rebeller. A quoi bon pleurer encore sur ce fait. Elle était plongée dans l'obscurité et la peur, mais il n'existe pas de chemin plus sombre que celui suivit les yeux fermés. Elle avait toute sa vie évolué dans les ténèbres et la solitude. Ce n'était qu'une épreuve de plus. Un coup du sort de plus.

"Allez donc rejoindre votre maîtresse, puisque c'est ce qu'elle est. Je m'en moque. Je n'ai pas besoin d'un veilleur à mon chevet, surtout s'il veut me tuer." Elle ne put se lever, cette fois, alors elle se roula en boule sur le sol dur et froid, attendant sans trop savoir quoi, que le malaise passe et que le rêve si intense de dragons ne la reprenne pour toujours...


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Caeruleus Ubieto
Message Dim 22 Mar - 20:50


Un rire roulait le long de sa gorge, pourtant, il serrait les dents pour ne pas qu'il puisse en sortir. Quel bel état de grâce dans laquelle se trouvait la directrice. Un état si faible et si pitoyable que Caeruleus ne pouvait s'empêcher de sourire ouvertement. Elle ne le voyait pas, et c'était peut être mieux ainsi. Qu'elle était belle, cette femme si forte et si fière, prête à tout pour posséder ce qui lui appartenait déjà.

Oh, le jeune professeur ne se voilait pas la face, il savait que si Morwen devait choisir entre elle et lui, la directrice remporterait la partie, haut la main. Cela lui importait peu à vrai dire, il exécutait son bon vouloir car elle avait ordonné. Peu importe quoi, il ne pouvait pas s'en empêcher.
Il ricana quand elle repoussa le vide, quand ses ronces s'enroulèrent autour de ses bras pour essayer de le blesser. Mais le bel oiseau bleu s'était déjà envolé, souriant de tout son saoul. Il était là, à la regarder essayer de reprendre dignement sa droiture et sa stature mais elle ne faisait que se fourvoyer. Elle était pitoyable.

"C'est bien pour cela que je ne vous tuerais pas. Je veux que vous enduriez les pires supplices, que votre vie soit pavé par l'enfer...Vous avez volé le cœur de ma maîtresse,et pour ça, vous le paierez, très cher..."

Appuyé contre le mur, il la regarda tomber, levant les yeux au ciel alors qu'il croisait ses bras sur sa poitrine. Ses yeux bleus fixèrent le dos marbré de croûtes, s’entremêlant à ses longs cheveux verts.

"Je n'ai pas besoin de votre pitié, mais vous aurez besoin de celle des autres pour vous en sortir Miss O'Cuinn...Votre unique joue avec vous, et il a eu raison de vous repousser. Votre calvaire ne fait que commencer.." Marquant une pause, il dit d'une voix ou se reflétait son sourire narquois : "Mais au vu de votre dos, vous aimez avoir mal..."

Au final, peut être se ressemblaient-ils un peu...

La suivant des yeux, il la laissa essayer de marcher, se cogner, tomber, trembler comme une frêle jeune femme. Il était beau le soldat, l'arme de l'armée, celle qui avait sauvé Lindorm de l'invasion.
Poussant un soupir à fendre l'âme, il se décolla du mur, ses yeux braqués sur le corps recroquevillé de la directrice, la fixant à travers le prisme de ses lunettes. Il s'accroupit à côté d'elle et tira le drap du lit pour l'enrouler dedans et la prendre avec une étrange douceur entre ses bras.

"Je ne vais pas vous tuer, pas aujourd'hui en tout cas, pas tant qu'elle sera vivante. Puis, pour tout vous avouer..." Se redressant, portant la directrice comme si elle ne pesait rien, il la serra contre lui pour chuchoter à son oreille : " J'ai envie de vous voir encore souffrir de la sorte..."

Riant, il la cala confortablement entre ses bras, son souffle prés de son visage aux yeux hagards et vide.

"Malheureusement je suis obligé de veiller sur vous, elle l'a ordonné, et quand Morwen ordonne, j'obéis..."

Souriant, il fit quelques pas dans la pièce pour reposer la directrice sur le lit avec douceur et il repoussa sa frange émeraude pour lui relever le visage, inspectant d'un air presque soucieux ses yeux vides. Finalement, il relâcha le menton et demanda d'une voix froide : "Voulez-vous la retrouver ?"

Sa bouche se transforma dans une légère grimace et il retint l'agitation de ses doigts qui mourrait d'envie de presser encore cette nuque pour la faire craquer. Après tout, elle avait chercher à tuer Morwen...

Pendant un instant ses pensées furent pour Ivar et il eut envie de s'enfuir d'ici, de ce lieu qui faisait de lui quelque chose qu'il n'était plus, il aurait voulut tourner les talons, fuir et tout plaquer. Mais il ne pouvait pas, sa chair entière était marqué du sceau de celle qui l'avait dressé, et comme tout bon chien, il obéissait...



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Bryne O'Cuinn
Message Lun 23 Mar - 16:59


Vaincue par sa faiblesse, elle restait au sol, le corps agité de frissons nerveux, bien incapable pour le moment de dire où elle se trouvait et quand. est-ace seulement le jour ou la nuit ? Elle n'en savait rien. Et c'était cette incertitude de tout, plus encore que tout le reste, qui attisait en elle les germes du désespoir.
Et il parlait... Ne pouvait-il donc pas se taire ? Ne pouvait-il donc pas la laisser en paix ?
Non. Car comme Morwen, lui aussi se délectait de sa déchéance. De sa souffrance. De sa faiblesse.
Un instant, elle songea à Fergus, si droit et si noble, l'image de lui imprimant sa rétine aveugle, comme une icône apparait au fidèle dévot. Elle réprima un sanglot. Comme elle avait chût... Comme il était inatteignable à présent. Loin, si loin d'elle, petite et misérable, vautrée dans la fange des pêchés qu'elle avait combattu toute sa vie.
"Protège les faibles, combat le mal..." Sa voix n'était qu'un souffle, tout juste audible. "Donne aux miséricordieux et abat la Justice Divine sur les mécréants..." L'un des psaumes du cantique de l'Unique. Tout ce qui lui restait à cette heure : une pauvre foi vacillante, comme la flamme d'une bougie dans cette glaçante obscurité. "... Car nous sommes tous pêcheurs, menteurs et tricheurs et seule Ta lumière éclaire les infortunés..."
Cela la calmait alors qu'elle portait machinalement ses doigts au pendentif de jade qui ne quittait jamais son cou, puisant dans le contact froid et familier un malheureux réconfort.

Elle ne devait pas l'écouter. Ses mots étaient du poison. Il se jouait d'elle et se repaissait de son tourment... Elle se sentit attraper, à travers une étoffe et se débattit par réflexe, poussant un cri de désespoir et de colère. Mais elle était entravée par le drap et trop faible pour parvenir à se déloger des bras qui la tenaient. Elle ne put que se mordre la lèvre pour réprimer un sanglot. Elle ne voulait pas qu'on la touche, jamais ! Elle détestait le contact, qui lui avait été refusé toute sa vie avant que Morwen ne s'insinue de manière perfide à ses côtés.
"Lâchez-moi !" dit-elle, pas assez forte pour crier, se sentant heureusement posée sur le lit alors qu'elle ruait dans les bras du professeur, tombant un peu plus lourdement sur le matelas qu'il ne l'aurait voulu.
Elle se recroquevilla derechef, tentant de s'écarter un peu plus et ne parvenant qu'a s'entraver un peu plus dans le drap, fuyant le contact avec acharnement et s'enroulant comme un chat.

"Ne me comparez pas à vous !" Rugit-elle, pauvre chose frissonnante, alors qu'il lui parlait de son dos. Ce n'était en rien comparable ! L'expiation de ses pêchés n'était pas une bête flagellation par amour de la douleur. C'était un moyen d'arracher de sa chair souillée toute la lie qu'elle avait subi. Les souffrances endurées était un moinde mal au diapason du salut de son âme. mais quel salut y avait-il ? Lui et Morwen voulaient tous les deux la même chose : sa souffrance éternelle.

"Je ne vous ai rien pris. Je n'en ai jamais voulu !" Se défendait-elle, pourtant sincère, et sa voix avait de quoi briser le cœur d'une si sincère défense dérisoire. Elle n'avait jamais voulu tout cela. Elle avait voulu Fergus. Elle avait voulu l'Unique. Elle avait voulu le Devoir. Pas... Ca. Pas cette folie nauséabonde."Je n'ai jamais voulu... Tout ça." Murmura-t-elle, les larmes aux yeux. Etre si faible était insupportable. Et pourtant sa voix se brisa dans un trémolo. C'était la vérité, pure et nue. Et pourtant, une fois fait, une fois son corps irrémédiablement souillé... Il n'y avait plus d’échappatoire.

A la mention de Morwen, elle leva le visage, toujours aussi désorientée. La retrouver? Non. Elle aimerait mieux mourir en paix. Elle reposa sa tête sur le lit, lasse et malade.
"Non... Laissez-moi... Allez-vous en..." Elle était en colère. Parce qu'elle se souvint que ce professeur tordu était en couple avec un autre homme, avec le professeur d'athlétisme. "Et aller plutôt dire à votre amant que vous aboyez comme un chien pour une que vous appelez maîtresse..." Elle ricana, de manière cruelle, appuyant là où il pouvait souffrir, tout comme il le faisait pour elle. Elle se défendait encore, la garce, avec le peu de moyens qu'elle possédait.
"Il serait ravi de le savoir." Elle trouvait cela tellement ridicule, tus ses chassés-croisés. Et le rire amer la pris aux tripes, l'étouffant avec sa propre salive. mais elle riait, cette femme maintes fois brisée et pourtant toujours vivante.

"C'est tellement ridicule ! C'est tellement misérable ! Quelle belle bande de monstres nous sommes !" Et elle riait, riait et pleurait tout à la fois, agitée de spasmes fiévreux, son esprit lâchant prise, progressivement. "Une foutue bande de monstres difformes ! Et quelle vilénie... Et quelle grandiloquence ! Mais vous n'êtes qu'une petite chose, sombre crétin... Une toute petite chose... Et je pourrais vous manger... Quand je le désire..." Elle riait encore. C'était tellement drôle, au fond. tellement ridicule. Ses ronces ondoyèrent, crevant la peau déjà ouverte de son dos, sifflant comme autant de tentacules barbelés, en une masse grotesque et mouvante... Oui, il serait si facile de tuer tous ceux qui pensaient qu'elle n'était plus rien... Si aisé de sombrer pour toujours dans l'obscurité et le désespoir le plus absolu...



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Caeruleus Ubieto
Message Lun 23 Mar - 19:07


Pourquoi Morwen avait-elle ordonné qu'il soit là ? Tout aurait été plus simple si il n'avait fait qu'enterrer leurs cadavres. Entrelacés dans la terre froide, à jamais. Leurs souvenirs auraient glisser comme une brise de printemps, et on aurait oublier, peu à peu. Elles auraient pu renaître, ensemble, qui sait. Mais celui que Brynn invoquait semblait se rire d'elle. Peu importe ses litanies, ses cantiques répétitifs et miséricordieux, le résultat était là. Elles étaient bien vivante, et lui se retrouvaient au milieu à devoir obéir, comme le bon chien qu'il était.
Il serrait les poings, serraient la mâchoire, il mourrait d'envie de la supprimer, mais il ne pouvait pas. Car il y avait ce frisson qui lui secouait l'échine, ce frisson que Morwen savait déchaîné, cette souffrance dans son corps, sur sa peau, dans sa chair, cette douloureuse délivrance qu'elle seul pouvait lui donner, et il espérait bien qu'il y aurait droit, après ce qu'il venait de faire, il y avait droit, à cette divine punition.

Ivar, il l'aimait, et entendre parler de lui dans la bouche de cette femme fut un véritable supplice. Mais Ivar ne pouvait pas comprendre, Ivar ne pouvait pas faire qu'elle lui faisait, lui infliger une telle douleur qu'il en gémirait de plaisir. Il fallait le punir, il n'était pas une bonne personne, il était mauvais, si mauvais. Comme quand sa mère l'enfermait dans le placard de la chambre dans la maison de passe, quand il revoyait les yeux de ces hommes au dessus de lui et qui lui chuchotait doucement à l'oreille : " Tu es un vilain garçon, un très vilain garçon.." Et lui, riait, encore, en demandant plus.
Il ne pouvait pas s'en empêcher.

Alors il serra les dents et encaissa la douloureuse réalité. Ivar ne devait jamais l'apprendre. Si..si il savait, il le rejetterait. Son amant croyait être comme lui, un coureur de jupon, mais la réalité était pire. Il était prêt à tout pour un peu de sexe, des jeux sordides, violents, il avait traîner dans un enfer que peu de personne pouvait supporter. Et cet enfer portait le doux nom de Morwen. Il avait été sa petite poupée, à une époque ou il était encore bien jeune, presque féminin et même si le sexe il l'avait connu, cela n'avait été en rien comparable.Alors pour avoir droit encore une fois à ces séances dans sa chambre, il était prêt à tenir la jambe à cette femme qu'il haïssait.

Ses yeux se braquèrent sur Brynn alors qu'elle riait, et il restait là, immobile. Elle avait raison, tout était si ridicule, ils étaient des monstres dans des corps humains et ils se déchiraient pour une cause qui n'en valait pas la peine. Pour quoi ? Pour de l'amour ? Si peu, si peu...

Se pinçant l'arrête du nez, Caeruleus inspira profondément, lassé, énervé. Ses paupières tiquaient dans des soubresauts de nervosité et le professeur de Lindorm semblait si loin de tout cela.
Il aurait pu, jeter de l'huile sur le feu, il savait l'attirance de Brynn pour Fergus, il fallait être fou pour ne pas l'avoir remarqué. Pour ne pas avoir vu sous les yeux les enveloppes si soignées de la jeune femme alors que le Capitaine le baisait sans vergogne sur son bureau. Pourtant, il ne dit rien, il aurait pu l’assommer encore, la précipiter dans le gouffre au dessus du quel elle était suspendue. Il aurait pu...
Une grimace passa sur son visage alors qu'il se décollait du mur, les ronces grandissant dans le dos de Brynn, et elle riait, comme une démente.

Sa main se referma sur un pichet d'eau et lui jeta le liquide au visage, ouvrant la paume pour répandre dans la pièce un épais brouillard.
De sa voix froide, il déclara : "Je serais la goutte d'eau qui fera déborder le vase Miss O'Cuinn, ne jouez pas à cela avec moi..."

Se déplaçant silencieusement, il eut un léger rire à son tour, répondant au sien avec le même accent de folie incarnée : " Vous sentez cette moiteur sur votre peau insensible, ce brouillard qui vous mouille jusqu'au tréfonds de votre corps...Il suffit que je claque des doigts et votre existence peut disparaître en un instant, vous ne serrez plus qu'une coquille vide que Morwen se fera un plaisir de violer..."

Plissant des yeux, il distingua la forme de la jeune femme sur son lit et lâcha glacial : " Alors dévorez-moi, je n'attends que ça...Vous savez comment je suis Brynn, j'aime avoir mal..."

Tendant les doigts il attrapa une des ronces à pleine main, les épines arrachant sa chair et il grimaça légèrement avant de sentir quelque chose remonter le long de sa colonne. Il tira sur la ronce pour faire basculer la directrice et finit par la relâcher, un léger sourire mutin aux lèvres.

"Faites moi mal Brynn, vous voulez devenir ma nouvelle maîtresse ? Si vous faites mieux qu'elle, peut être que j'y réfléchirais..."

Puis riant avant de poser sa main blessée sur sa bouche pour masquer son rire, il étala légèrement du sang sur sa mâchoire et gronda : " Bienvenue dans notre cirque de monstres Mademoiselle la Directrice..."

Sa langue lécha la blessure sur sa paume et il pencha la tête. L’obscurité et le désespoir, il connaissait déjà....



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Bryne O'Cuinn
Message Mar 24 Mar - 20:28


Les appendices de ronces fouettèrent l'air, comme quelque créature noire et antique, rampant bientôt sur le lit, avançant en direction de Caeruleus.
Elle l'entendait- à peine - dans cette folie qu'était la sienne, la leur. Son esprit vacillait, pour sombrer finalement. Elle était trop épuisée, trop grièvement atteinte dans ses limites pour ne pas s'y réfugier. Cette fois l'on y était : à la fin. La fin de la raison. La mince frontière qui la séparait de l'animal.

Elle pleurait, en dedans, des larmes pures et sincères. Des larmes pour tout ce qu'on lui infligeait à cette heure, elle qui n'avait presque plus de force et qui ne verrait plus le soleil. Elle avait tout perdu. Tout ce qui faisait son univers et son quotidien. Elle n'avait plus rien et c'était exactement ce qu'avait voulu Morwen. Tout lui prendre pour ne laisser que la folie commune. Que la fureur de l'animal. Elle se souvint pourtant, des sanglots sincères de la rousse alors qu'elle se mourrait. Des sanglots qui ne lui avaient pas procuré la joie escomptée.

Bryne s'effondra sur le matelas, incapable de bouger un muscle, tout juste consciente, son dos grouillant de ronces qui s'allongèrent jusqu'à atteindre Caeruleus, s'enroulant insidieusement autours de sa jambe, puis de l'autre, remontant sans toucher encore sa peau, ne le soumettant pas au poison.
La jeune femme ne semblait plus qu'une coquille vide et atone, alors que ses ronces prenaient le contrôle, s'enroulant autours de ce pauvre corps brisé, son sang se déversant jusqu'à tremper sa robe si blanche, comme l'ironique marque de sa virginité bafouée à jamais.
Sa tête ballotta sans force alors que les ronces l'entouraient, la crucifiant au dessus du lit, ses yeux vides ne se posant sur rien. Bouche entrouverte, elle avait abandonné, relégué à une simple étoile de conscience, seul son cœur semblant encore battre.

Elle fut envoyée vers l'avant quand Caerus déchira sa peau sur l'une des lianes. Mais les ronces la maintenaient en place, et le poison paralysant des épines ne tarderait pas à faire son office.
"La mort... Est un doux idéal..." Sa voix semblait venir de très loin, tout juste audible. "Je vous ferais... Payer... Votre cruauté... Votre manque de pitié... Et vos vices..." Elle pleurait, sous les ronces qui cachaient à présent son visage, ne faisant plus que d'elle une sorte de poupée humaine faite de cette masse grouillante et sombre, deux bras, deux jambes et une tête grossière, aux épines carnivores. Elle pleurait sur la folie du monde tandis que ses appendices prenaient possession des membres de Caeruleus. Elle pleurait parce qu'on lui avait tout pris et rien rendu. Parce qu'elle était là, à cette heure plus seule encore que dans la mort.
Les ronces occupaient la majeure partie de la pièce, semblant croître à l'infini, rampant sur les murs, sur les meubles, brisant quelques babioles.

"Je suis déjà une coquille vide." Murmura-elle quelque part dans l'obscurité de ses épines, d'une voix faible, comme une étincelle de conscience. "Il n'y a rien à voler à une arme. Des souvenirs ? A quoi bon. Débarrassez-m'en pour toujours. Car je n'en garde aucun heureux. Vous pouvez tout me retirer... Je suis déjà vide... De ce bonheur... Que l'on m'a refusé."

Les ronces se faufilèrent contre la peau de Caeruleus, enserrant ses membres, son torse, s'y plantant profondément, de toutes leurs épines empoisonnées. Et elles serraient petit à petit, de plus en plus, sciant la peau blanche. Elles le presseraient comme un fruit trop mûr. Elles le réduirait à une pulpe sanglante. Et Bryne n'avait pas la force nécessaire pour les contrôler, elle qui ne pouvait qu'attendre, attendre que l'on vienne enfin la sauver d'elle-même...
Que quelqu'un vienne pour elle. Qu'on la sauve de cette obscurité et de ce désespoir... Alors ce brouillard ne l'effrayait pas, non... Elle l'espérait.

Ne plus penser. Car elle n'avait plus de rêves. Car elle n'avait plus d'avenir. Car elle n'avait jamais rien eu. Et qu'on lui avait toujours refusé le geste le plus élémentaire : prendre sa main tendue. Sécher ses larmes. Jamais ses parents ne l'avaient bisé, ou simplement regardé comme autre chose qu'un monstre, qu'une anomalie. Jamais sa famille n'avait été plus satisfaite qu'une fois que cette petite fille bizarre fut brisée et dressée. Un objet utile devenu acceptable ainsi. Elle n'avait jamais été dans leurs yeux autre chose qu'un moyen. Elle avait simplement oublié à force d'indifférence comment être humaine...

Les ronces tueraient pour cette enfant privée de chaleur. Hagen fondrait son âme en elle... Et le Titan aveugle fusionna doucement avec Elle, cette petite fille qu'il avait laissé venir à lui pour la première fois depuis deux siècles. Il se coula dans l'âme de sa dragonnière, y déversant un sentiment chaud et plein, là où elle était froideur et néant. Les Ronces, peu à peu, refluèrent, d'abord de manière infime. Puis plus rapidement. Il berça son âme brisée contre la sienne, lui murmurant des mots qu'elle serait la seule à entendre. Des promesses d'amour au-delà des âges. Des serments sincères. Alors, la gorge nouée, ses cheveux et sa robe trempés de son sang, il ne resta bientôt sur Bryne plus de ronces, retournées se tapir dans ce pauvre corps déchiqueté.
Elle resta ainsi, prostrée, sentant l'âme de son dragon remplir l'espace manquant, ce trou béant dans sa poitrine. Son Amour, pur et sincère.
"Hagen..." Murmura-t-elle, les joues trempées de larmes. Il était là. Pour toujours. Elle percevait son âme, comme une boule lumineuse étincelante, derrière ses yeux inutiles.
La voix de son dragon lui répondit, en des mots qui leur appartenaient à eux seuls...
Doucement, il lui commanda de se reposer et de dormir et elle se laissa bercer par Sa volonté. Et quant elle fut endormie, ce fut la voix du dragon qui parla par sa bouche, inconsciente des mots du Titan, lui qui ne parlait jamais aux humains.
"S'il faut que j'engloutisse cette ile pour la sauver, je le ferais." La voix était profonde, venue des entrailles de la terre et passant pourtant par la bouche de la directrice évanouie, gisant dans son sang.
"Elle pourrait être la meilleure des femmes, si l'un d'entre vous était autre chose que de pauvres fous. Elle pourrait donner le monde à celui qui ouvrirait son cœur... Mais aucun homme sur terre n'est digne d'elle... Et vous n'aurez que ses ronces et c'est déjà trop bon pour vous tous. Et si vous vous la provoquez, elle vous dévorera..."

La voix se tut dans un grondement profond comme les vieilles pierres. Hagen retourna à son silence et à son obscurité, tapis dans les entrailles de la terre. Mais il veillait. Et il sauverait cette âme, quoi qu'il puisse en coûter au monde...


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Caeruleus Ubieto
Message Dim 29 Mar - 22:33


Les ronces avancèrent vers lui, sans qu'il ne puisse que les fixer d'un œil morne. Pourquoi est ce que Morwen l'envoyait toujours faire le sale boulot ? Ne pouvait-elle pas assumer son amour grandiloquent pour cette jolie poupée à la chevelure verte ? Ne pouvait-elle pas être là et le tirer d'ici ? Non bien sûr que non, elle allait se terrer jusqu'à ce sa folie la rappelle à l'ordre et qu'elle surgisse comme un diable hors de sa boîte. Sauf qu'il serait trop tard, il serait peut être mort à cet instant, mais cela ne lui causerait pas de peine. Il n'était rien pour elle, après tout, elle l’appelait encore " Machin". Il n'était qu'un truc, qu'on possédait et qu'on jetait, avec lequel elle avait jouer, dont peut être elle s'était déjà lassé. Et lui, il n'avait pas oublié. Pourtant des choses il en avait oublié, le visage de sa mère, son véritable nom, son véritable prénom et non pas ce substitut d'une langue morte qui voulait dire bleu.

Bleu. C'était ce qu'il était. Il n'y avait pas d'autre signification.Il portait le nom d'un couleur, comme l'on donne à un chien ou un chat un prénom rigolo. Il n'était que ça, un être dont on s'amusait et qu'on jetait ensuite.

Sa main se referma sur sa paume et il enfonça ses ongles dans sa chair. Le brouillard s'évapora. Car il savait que si il touchait à Brynn, il le paierait très cher. Et Morwen ne le tuerait pas, non, elle trouverait des méthodes encore bien pire que ce qu'ils avaient déjà vécu ensemble et cela n'aurait sûrement rien de plaisant.
Alors il laissa les ronces l'enserrer petit à petit, glissant sur son pantalon, s'enroulant autour de ses jambes alors qu'elle pleurait encore, comme une si petite fille. Elle n'était rien d'autre en cet instant, qu'une petite fille à qui on avait retirer le droit de rêver et d'espérer. Et pourtant, tout au fond du gouffre sans fond dans lequel elle s'enfermait, il y avait toujours de l'espoir.

Même lui y avait eu droit. Ivar, était son espoir et il serra les dents alors que les épines griffaient sa peau, s'enfonçant dans sa chair pour la mordre, lui envoyant le long de l'échine de terribles frissons d'excitation. Il ne pouvait pas s'en empêcher, il était un vilain garçon.
Il se débattit à peine, laissant les lianes écraser sa cage thoracique. Ses lunettes tombèrent sur le sol, il sentit autour de lui l'humidité de Fog qui riait dans son esprit. Allait-il enfin le laisser mourir ? Des gouttes d'eaux roulèrent sur ses lèvres, se mélangeant à la salive au coin de sa bouche alors qu'il commençait à suffoquer.

Se battre pour quoi ? Se résigner ? Il n'était rien d'autre qu'une couleur, aussi simple que ça.

Son corps fut prit d'une subite envie de survie, il se débattit, arrachant les ronces à pleines mains, son sang coulant doucement le long de ses paumes. Sa vision devint flou et le rire de Fog s'estompa. Derrière ses paupières closes il n'y eu que le visage riant d'Ivar.

Je suis désolé, je ne serais pas là à ton réveil...

Son corps s'écrasa sur le sol dans une demi conscience, le poison des épines courant dans son sang, le paralysant peu à peu. Son épaule lui faisait mal, la même que celle où il avait été touché durant la bataille.
Il essaya de se relever malgré ses faibles forces, il s'appuya contre la porte, sa conscience se battant contre son corps. Il avait l'habitude, il savait comment faire. Il le faisait à longueur de journée. Mais la mémoire du corps l'emportait bien souvent...

Il fixa la forme ensanglantée sur le lit, incapable de dire quoi que se soit, puis se fut une voix inconnue qui parla et il fronça les sourcils. Encore...
Ce n'était pas la première fois qu'il assistait à ce spectacle, Ivar aussi...

Il le nota, quelque part dans son esprit, se promettant de chercher, de fouiller, de trouver une quelconque explication à ce phénomène.
Puis aux dernières paroles du dragon, il ricana en se tenant les côtes : " La meilleure des femmes ? Quelle modestie vraiment ! De qui croit-elle être supérieure ? Elle n'est qu'une femme comme une autre, personne ne peut prétendre être meilleur qu'un autre, nous sommes ce que nous sommes, et cette déchéance, elle l'a choisit..."

Crachant sur le sol, il s'essuya péniblement le coin des lèvres avec son bras : " Elle est trop imbue d'elle même pour voir ce qu'elle possède déjà, pour voir ce dont elle à déjà le droit de posséder. Elle ne fait que se plaindre, elle veut qu'on la prenne pour une Sainte mais elle n'accepte pas ce qu'il y a au fond, tout au fond d'elle même..."

Tout comme lui, n'avait jamais accepté ce qu'il était réellement. Car la société lui aurait craché au visage.

"Morwen l'aime ! Morwen l'aime pour ce qu'elle est...Comment peut-elle...comment peut-elle se plaindre après ça...?" Dit-il excédé, crachant sur le sol des gouttes de sang. " Qu'elle moisisse dans sa fierté, qu'elle périsse dans sa droiture...Le monde n'a pas besoin de gens qui se voile la face...Elle n'a pas besoin de quelqu'un de digne, elle à juste besoin...de quelqu'un...Comme..comme j'ai eu besoin...de quelqu'un..."

Toussant, il se tint les côtes et finit par s'avancer vers le lit et il s'assit sur le matelas, dégageant des draps le corps recroquevillé de la directrice. Il ferma les yeux un instant, inspirant pour se calmer, pour calmer ce cœur en colère et jaloux qui tambourinait dans sa poitrine. Il lutta pour se remettre debout, se tordant pour attraper des bandages, du désinfectant. Chaque geste était douloureux, chaque mouvement lui coûtait et pourtant, il pansa ses plaies, déchirant avec les dents les linges pour lui couvrir le dos, pour éponger tout ce sang. Il déchira sa robe, peu importe qu'elle soit nue, il mit des compresses sur les plaies qui lui semblaient plus profondes et il repoussa ses longues mèches vertes avant de la rallonger sur le lit, la recouvrant d'un draps à peu près propre.

Finalement, il retomba au sol, sa tête se posant sur le matelas. Il épongea le sang sur son corps comme il put et sentant l’inconscience le guetter, il souffla doucement : " Désolé Ivar...Je ne serait pas là à ton réveil..."



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