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Can't deny my love. [ft Bryne]

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Assassins
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Morwen O'Shanahan
Message Dim 5 Avr - 23:05

    La Main du Jugement avait la main-mise sur ce bouge infâme où lui avait donné rendez-vous Bryne; quelle ironie. Morwen n'avait pas eu beaucoup d'effort à fournir pour passer la frontière, aidée par Shiki et quelques collègues du coin. Elle connaissait fort bien Orëa pour y avoir grandi, dans un orphelinat qui aujourd'hui avait été ruiné et détruit. Les rues de la ville en cette heure n'avaient pas changé, se ressemblaient toutes. La rousse avait fait son petit bonhomme de chemin, son nodachi à l'épaule, les mains dans les poches bien que l'excitation qui lui prenait les tripes lui donnait envie de vomir. revoir Bryne, encore une fois, constater d'elle-même les ravages du poison qu'elle avait ingéré... savoir pourquoi, dans le fond, elle avait fait cela. Tant de questions dans la petite tête de Morwen qui n'en avait jamais compulsé autant. Et par dessus tout, l'intense agitation, l’ébullition, l’enthousiasme qui la menait presque au délire : celui de revoir Bryne, après ces longues semaines à ne penser qu'à elle. Des jours, des semaines où le manque d'elle la tiraillait sans merci. Des semaines comme les autres, depuis dix ans.

    Bryne avait tenté de s'ôter la vie mais Morwen l'en avait empêché, s'étant évadée pour la seule raison de sauver la vie de sa pire ennemie. L’œil rond, le dos vouté, la Kevii était fatiguée des voyages incessants qu'elle faisait depuis sa fuite de Larragon, dormant peu, mangeant difficilement. Elle avait écrit, gravé pour Bryne, pour communiquer avec elle. Elle avait noirci des feuilles entières, elle qui savait à peine écrire et conjuguer car exhortée par Caeruleus, elle s'éveillait à ses véritables sentiments : rien n'est plus proche de la haine que l'amour, même si ce dernier ne mène nulle part d'autre qu'à la ruine et la destruction; elle avait besoin de voir Bryne, confusément, au mépris de tout danger. cette nuit, si la directrice n'avait pas menti, elle pourrait la voir. Cette nuit, elle pourrait s'assurer de son état... pourquoi se sentait-elle si préoccupée par sa pire ennemie?

    A minuit révolue, sous une grosse lune toute falotte, Morwen entra dans la taverne mal famée; Bryne n'aurait pu choisi pire : un bouiboui malodorant que Morwen connaissait bien, saluant le patron qui était un contact de la Main du Jugement. Au moins seraient-elle tranquilles ici, bien ironiquement. La rousse prit place à une table proche de l'entrée, déposant son sabre à ses côtés et commanda une bière pour la boire sans envie, sans soif, juste pour patienter et s'occuper l'esprit. Viendrait-elle réellement? C'était un peu fou comme situation, si elle venait. Quelle raison Bryne avait-elle de venir ici, dans cet endroit indigne d'elle, sale et puant, avec elle à ses côtés? C'était fou; elle était bêtement heureuse, au fond d'elle-même, mais refusait de se l'avouer.

    Viendras-tu réellement ce soir, dans cet endroit odieux?
    Viendras-tu réellement ce soir, me voir?


    D'étranges espérances; Morwen espérait bêtement que ce n'était pas encore une intrigue de Bryne pour la faire arrêter, pour se suicider ou pour la tourmenter. Dans tous les cas et comme toujours, la Kevii rendrait les coups au centuple, même si sa rivale avait perdu la vue.

    Et pourtant, je t'attends. Pour voir si tu viendras.
    Je t'attend comme un chien attend son maître.

    Je ne partirais pas, t'avais-je dis quand tu pleurais parce que personne ne restait avec toi.


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Bryne O'Cuinn
Message Lun 6 Avr - 20:29


Elle sentait ses doigts glisser le long de murs inconnus, les suivant comme le fil conducteur de sa vie. Un pas après l'autre, dans cette soirée à la lune cachée par les grands arbres, au chant omniprésent des grillons. Elle ne verrait plus jamais ces rues familières, et ne lèverait plus jamais les yeux vers le temple de l'Unique et ses vitraux colossaux. Mais en y pénétrant, elle avait sentit la fraîcheur familière, l'odeur d'encens, de vieilles pierres et des milliers de chandelles que l'on y brûlaient. Elle s'était agenouillée devant l'autel, solitaire femme aux si longs cheveux. Elle avait joint ses mains sur une prière muette, sentant quelque chose en elle s'apaiser du contact de ses genoux contre les dalles froides. Elle était restée ainsi, priant de tout son cœur, sous les quatre statues sans visage penchées sur elle, jusqu'à ce que ses jambes soient toutes engourdies et que son dos lui fasse mal à ne plus en pouvoir.

Elle s'était relevée, sans trop savoir si c'était la nuit ou le jour. Mais les cloches avaient sonné onze heures. Alors elle était partie, montant dans le petit fiacre, se faisant conduire jusqu'aux bas-quartiers, sentant les chaos de la route sans vraiment y faire attention. Toute encapuchonnée, ses traits délicats et ses longs cheveux verts si caractéristiques cachés sous un capuchon à large bords d'un brun sombre ourlé d'un liseré doré. La cape dissimulait ses cheveux et ses vêtements, dévoilant seulement ses fines chevilles nues et des bottines brunes soigneusement lacées. Elle avait le cœur qui battait à tout rompre et son âme transie d'un étrange sentiment, drôle d'émoi.

Pénétrant dans ce lieu où on ne la chercherait jamais, elle fit quelques pas maladroits, ses sens mieux disciplinés l'aidant à trouver le comptoir et elle se haussa sur la pointe de ses petits pieds pour demander au tenancier si une femme aux cheveux rouges était arrivée. Sous les mèches vertes, ses yeux étaient terriblement fixes aussi lui indiqua-t-il la table sans trop rire d'elle. Elle marchait avec prudence et plus de lenteur qu'avant, en petits pas légers, parfois encore un peu hésitants.
Cependant, elle rejoignit la table désignée sans trébucher ni se cogner, les joues imperceptiblement rosies par ce trouble qu'elle ressentait à être vue ainsi diminuée par sa Némésis. Tirant l'une des chaises libres de la table sans dire un mot, sa cape agrafée sur une robe verte et blanche, elle abaissa doucement son capuchon, révélant ses traits. Elle avait les yeux un peu cernés et les traits tirés mais globalement meilleure mine qu'avant.
"Tu vois, je suis venue." Dit-elle simplement avant de se taire, ne sachant du tout quoi dire. Rouge, elle avait détourné son visage, fixant le sol sans le voir.

Pourquoi fallait-il que les battements de son cœur résonnent à ce point ? Pourquoi avoir accepté une telle folie ? Elle ne le savait pas elle-même. Elle se tint simplement là, les mains posées sagement sur ses cuisses, et se mordant la lèvre inférieure, semblant à la fois gênée et fébrile. Il était étrange que perdre la vue rende finalement ce visage menu bien plus expressif qu'avant...


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Morwen O'Shanahan
Message Lun 6 Avr - 22:00

    Morwen était gênée aux entournures, se sentant globalement fagotée plus qu'habillée : Shiki avait insisté pour lui donner de quoi se vêtir décemment mais le résultat n'avait pas complètement convaincue la rousse qui se retrouvait sans cesse à retrousser ses manches ou tirer sur son pantalon, l'ayant retroussé pour plus d'aisance sur ses bottes. Pourquoi avait-il fallut qu'elle se change? Son ami lui avait expliqué que cette fois elle se devait d'être propre. Elle-même n'avait rien comprit mais avait sagement fait ce qu'il lui avait proposé; après tout Shiki savait ce qu'il faisait, non? Pourtant la jeune femme se sentait mal à l'aise, se demandant pourquoi elle aurait du se changer pour aller voir sa pire ennemie; les choses lui semblaient incroyablement compliquées ds qu'elles comprenaient Bryne dans l'équation et ayant quelques mouvements nerveux d'une jambe sous la table, bras croisés, elle préféra chasser ses doutes en attendant sa Némésis, ne sachant plus très bien quel lien les unissait à présent qu'elles avaient encore survécu à la mort, qu'elle s'étaient battues ensembles non plus l'une contre l'autre, mais l'une avec l'autre contre un ennemi commun. Qu'est-ce que ça changeait, dans le fond? Tout rien, surtout rien du tout.

    Elle se fouillait dans l'oreille d'ennui quand soudain la silhouette encapuchonnée de Bryne fit son apparition dans la salle; elle était facile à reconnaitre : maladroite et surtout fort petite, juste un peu plus qu'elle. Et puis une femme ici, qui en plus semble chercher quelqu'un. Morwen renifla de manière sonore, les nerfs un peu à vif sans pour autant daigner se lever. Elle voulait constater par elle-même le handicaps de Bryne et la manière dont sa Némésis cherchait à le camoufler ou le surmonter. Le col de sa chemise la grattait et voyant son ennemie arriver, la rousse déglutit un instant; elle était vraiment venue dans cet endroit infect. C'était vraiment Bryne O'Cuinn, la directrice de l'académie Lindorm. Ici, à la Cruche Percée. La laissant tirer à chaise sur sa droite et prendre place, Morwen regarda longuement cette Bryne rougissante et gauche sans rien chercher à dire, se grattant nerveusement le cou.

    "C'est...", elle chercha ses mots, finissant par poser son menton sur sa main, coude sur la table dans une position loin d'être gracile, "... c'est du délire...", continua Morwen, mal à l'aise.

    Elle avait pensé que Bryne ne viendrait pas, puisqu'elle n'avait logiquement aucune raison logique de le faire. Mais encore une fois Morwen avait sous-estimé l'illogisme chronique de sa pire ennemie et les voilà à présent silencieuses comme des tombes, en chiens de faïences l'une en face de l'autre. Morwen détourna la tête, ne cherchant pas à faire la conversation; elle n'était pas très douée pour la causette, comme on pouvait l'imaginer, ni même pour les mondanités. Un long moment passa et elle chercha pourtant quelque chose à dire, à faire, se grattant finalement d'un geste masculin sous le menton du plat de sa main.

    "Heu...", vite, quelque chose, n'importe quoi, "tu veux une bière?"

    C'est vrai ça; Shiki lui avait dit de lui offrir à boire. Pourtant ici la bière était une vraie pinte à pisse mais c'était la seule chose de presque buvable. Ce que consommait les gens de la haute ne lui vint pas à l'esprit; ici on boit de la bière, on la pisse, on reboit de la bière, on la vomit; point barre. Ici, c'est de la bière qu'on boit, même si elle est tiède et mauvaise. Son col la serrait de plus en plus et elle tira dessus en désespoir de cause, posant sur la table quelque chose qu'elle poussa vers Bryne; un assemblage de fleurs arrachés dans le premier jardin du coin, à la sauvette.

    "Tiens."


    Morwen se sentait vraiment toute conne de devoir suivre ce que Shiki lui avait donné comme conseils, ne se sentant pas elle-même, ne comprenant pas la démarche que lui faisait faire son ami. Tout cela n'avait aucun sens dans le fond et elle se demandait pourquoi elle suivait son plan avec tant d'application, dans le fond.

    C'est vrai ça, pourquoi devait-elle porter des bretelles? Merde alors.




Dernière édition par Morwen O'Shanahan le Mer 8 Avr - 19:48, édité 1 fois
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Bryne O'Cuinn
Message Mer 8 Avr - 18:50


Bryne et Morwen, c'était un peu comme si le blanc s'était mis en tête de fricoter avec le noir. Etrange mélange que ces deux là, l'une rustre, l'autre noble, l'une intouchée, l'autre battue. Mais les deux étaient des monstres, quoi qu'on en dise. De délicieux monstres qui à cette heure de retrouvaient de nouveau réunies dans ce bouge infâme.
Bryne était plus maladroite, dans ses gestes, et son visage avait gagné une paradoxale mobilité. Elle semblait un peu changée, tout en restant la même. Cette femme capable de rougir bêtement en face de sa Némésis en réponse à la phrase de Morwen. Oui, du délire... Elle baissa la tête sur ses mains, jointes sur le devant de sa cape qui dévoilait sa robe au décolleté sage, effleurant à peine dans un liseré de dentelle la naissance de ses seins menus. Elle n'avait aucune idée de l'apparence de Morwen et se serait certainement moquée d'elle si elle avait pu voir l'ampleur des dégâts.

C'était bien du délire et Bryne elle-même était incapable de comprendre pourquoi diable est-ce qu'elle avait cédé à l'insistance de sa pire ennemie. Et pourquoi diable est-ce qu'elles ne s'étaient pas derechef sautées à la gorge ? Etait-ce la lettre d'amour ? Ou le fait qu'elle soit blessée ? Bryne ignorait tout des raisons qui poussaient Morwen à vouloir la voir et encore plus des raisons qui la poussaient, elle, à venir.
Quand Morwen proposa une bière, Bryne pinça un instant les lèvres, partagée entre le désir de se donner une contenance avec de quoi s'occuper les mains et le fait qu'elle n'avait jamais bu autre chose que du champagne - et encore, la moitié d'une coupe par-ci, par-là.
"Heu... Oui... D'accord. Je veux bien." Elle hésita en rougissant comme une pucelle le jour de sa nuit de noces. c'était ridicule. c'était Morwen. Morwen. la femme qui l'avait violée. Mais pourquoi à ce mot était-ce l'image de son cousin qui s'imprimait de manière si vive dans son esprit ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle ?
On lui posa devant elle une pinte gigantesque remplie de bière blonde qui méritait plus le nom de pisse d'âne que de bière, et elle sentit la lourdeur du verre avec maladresse. Quoi, tout ça ? Elle n'avait jamais vu de pintes en vérité et elle se sentit bien empotée alors qu'elle levait la chope à deux mains et trempait ses lèvres dans le breuvage amer, se barbouillant un peu de mousse au passage, qu'elle chassa d'un coup de langue. Ce n'était pas très bon aussi grimaça-t-elle sans faire de commentaires.

A la phrase de Morwen, elle sentit quelque chose près de ses doigts et, un peu intriguée, sentit quelque chose de végétal.... Une fleur ? Deux ou trois. Trois. A la corolle elle pensait qu'il s'agissait de roses A moins qu'il ne s'agisse d'autre choses. Non, elle sentit les épines. Des roses donc. Pour elle ? Elle s'en empourpra de plus belle et prit une nouvelle gorgée de bière, tenant le verre à deux mains comme une enfant, clairement pas habituée à ce genre de breuvage dans un endroit aussi louche. Bon sang, si sa famille la découvraient.
"Merci... Pour les roses. Et la bière." Elle se entait stupide de se trouver là, comme si... Comme si quoi ? Elles avaient un rendez-vous ?
Chassant quelques mèches vertes de son visage, la manche de Bryne glissa, dévoilant un vieux ruban au vert délavé noué délicatement autours de son poignet.
Elle but quelques nouvelles gorgées, buvant vite, comme pour se rassurer.
Finalement, croisant un peu les bras sur sa poitrine, elle demanda tout de go : "Bon et sinon, pourquoi on est là ?"

C'était assurément, une excellente question.


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Morwen O'Shanahan
Message Mer 8 Avr - 22:23

    Morwen renifla un grand coup en voyant Bryne rougir à ses propres mots, prise d'une gêné inexpliquée. Peut-être était-ce le fait qu'elles n'avaient réellement rien à se dire, même rien à faire attablée au même d'endroit dans le fond. C'était surement ça et si on avait dit un jour à la rousse qu'elle boirait une bière à la Cruche Percée avec Bryne O'Cuinn, elle aurait rit à s'en frapper les cuisses. La jeune femme siffla le tavernier qui leur ramena deux lourdes pintes de cette lavasse insipide qu'était la bière du coin et prenant la hanse d'une poigne sûre, elle allait boire quand l'attitude de sa Némésis la décontenança, suspendant son mouvement en pleine action. En face de Bryne, entre ses petites mains, la chope semblait gigantesque, encore plus quand elle la vit la soulever à deux mains pour siroter l'alcool avec une grimace de dégoût, l'air empotée.

    "Ha bah... c'est pas bon hein?", siffla Morwen entre ses dents, moqueuse, "la flotte d'ici est encore pire, c'est surement l'eau des chiottes pour sûr!"

    La Kevii rit un peu du nez avant de soulever son verre pour commencer à ingurgiter sa bière plutôt que de la boire, levant haut le coude; plus vite elle buvait, plus vite elle en aurait fini avec ce goût. Le bruit de déglutition dura de longues secondes, voir minutes sans que Morwen ne fasse rien d'autre que boire, avalant visiblement le contenu de sa chope en une longue fois avant de la reposer sur la table et de faire passer la grande quantité de liquide ingurgité d'un rot sonore et manquant singulièrement de féminité, se tapant par réflexe sur le torse. Il était connu de longue date que Morwen n'était pas quelqu'un de très distingué.

    Pendant ce temps, Bryne avait prit connaissance du cadeau fort simple que la rousse lui avait ramené, tâtonnant sur la table. L'autre femme parue troublée et Morwen ne sut pas très bien ce qui se passait, faisant la moue comme si tout ce cirque lui déplaisait; oui et non, quelque part... l'eau des yeux de Bryne avait quelque chose de différent, et son visage semblait plus vivant, loin de la poupée de fer qu'elle connaissait si bien. Une boule d'épine commença à naitre dans la gorge de l'assassin qui eut un mouvement nerveux de la jambe sous la table en perdant un peu son sang-froid. Elle était belle, autant qu'il l'était permit de l'être à une femme, et ses empourprements donnaient à Morwen l'envie de fuir plutôt que de se moquer. Bryne semblait faussement vulnérable en cet instant car la rousse connaissait bien cette femme, dans le fond; comment un monstre comme elle pouvait agir ainsi, avec une telle maladresse? N'était-elle pas une lame aiguisée, une poupée de fer? C’était bizarre.

    Avoir bu si vite une telle quantité de liquide lui donnait un goût acide de bile dans la gorge pendant que ses viscères se nouèrent désagréablement en entendant le remerciement de Bryne... c’était comme si elle avait avalé un bout de ciment soudain. A quoi bon se faire des idées? Et que signifiait son vieux ruban au poignet de sa pire ennemie?

    "Tu l'as ga...", elle se ravisa immédiatement, "... non, rien."

    L'objet de son cœur. Morwen aurait voulu en rire et se moquer encore une fois, mais rien ne vint; c'était con. La vision de son ruban fut comme une gifle que lui donna Bryne en passant et soudain le sentiment de malaise s'agrandit tant chez la rousse qu'elle dut se lever, d'un bond. Bryne demanda finalement la raison de tout cela et elle ne lui répondit pas; elle ne le pouvait pas parce que de son côté, il n'y avait aucune raison plausible, logique: elle avait juste voulu revoir Bryne encore une fois... il lui semblait que quelque chose la remplissait soudain à raz-bord, menaçant de la faire déborder tout d'un coup; tellement d’émotions, un véritable maelstrom. Mais elle l'avait gardé, son vieux ruban tout effiloché. Ce vieux truc qui l'avait suivi partout depuis dix ans. Dans les souterrains de Carabas, sous les montagnes de Narthan. Il avait été de toutes les batailles, de tous les crimes, ce ruban, témoin silencieux d'un amour sans recours. Témoin et clef d'une relation qui n'avait ni queue ni tête, à l'image de leurs retrouvailles.

    "Euh...", elle hésita un moment, "je peux pas t'en parler ici", mentit-elle.

    Morwen aurait voulu saisir le poignet de Bryne et l'entrainer à sa suite mais le mouvement avorta étrangement, la laissant silencieuse, mal à l'aise; elle fixa la jeune directrice un long moment, debout devant elle. Aveugle, hein? Alors elle n'avait pas besoin de faire semblant de ne pas être triste, pour une raison qui lui échappait.

    "Je... j'ai pris une chambre, en haut.... je me suis renseignée sur les gars qui vous ont attaqué et j'ai des infos. Rien d'autre... tu t'attendais à quoi? Bref, suis-moi."

    Le ton commença comme hésitant et fini sec, avec d'étranges fluctuations tandis que Morwen quitta la table sans attendre Bryne. Elle avait mal au cœur, sans trop savoir pourquoi. Marchant lentement et faisant du bruit avec ses bottes pour aider la jeune femme à la repérer, elle gravit les escaliers quatre à quatre, sans plus rien dire. La rousse fit entrer son ennemie avant elle et claqua rudement la porte derrière elle, dans un geste d'humeur. Elle se gratta à nouveau la nuque et n'y tenant plus, Morwen baissa ses bretelles et ouvrit sa chemise pour se déshabiller en un bruit de tissus retirés, de boutons qui sautaient, de bretelles qui claquaient.

    "Putain, ça gratte...", maugréa la jeune femme en se retrouvant sans rien sur le dos, cherchant dans son sac un short, un haut et une veste plus confortables que les merdes que lui avait fichu Shiki sur le dos; il ne perdait rien pour attendre, ce type...

    Et, tandis qu’elle se rhabillait sans approcher Bryne, Morwen continua:

    "J'ai des contacts... euh ouais, sinon comment tu crois que j'aurai évité l'armée pendant toutes ces années? Je disais, j'ai des contacts qui m'ont renseignée... et... putain de bottes..."
    , elle jeta ses bottes dans un coin, traversant la pièce, "l'autre pue-du-gland là, le Grand Drake. bah c'est le leader d'un groupe de Wyrms, les Ailes Écarlates. Visiblement y'a eu une scission entre les Wyrms, d'après c'qu'on m'a dit."

    refermant son short en regardant Bryne qui n'y voyait de toute façon rien - puis la pudeur n'avait jamais été le fort de Morwen - la rousse se tut tout à coup.

    "Meh."

    Elle soupira, amusée de sa propre connerie et riant un peu pour se moquer d'elle-même et des efforts qu'elle avait fourni pour une raison assez stupide, dans le fond. Et ça faisait mal, d'une manière inexplicable.

    "Je sais même pas pourquoi j'me suis fais chier pour te trouver des renseignements..."


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Bryne O'Cuinn
Message Mer 8 Avr - 23:09


Vraiment, pourquoi était-elle ici ? Cela n'avait aucun sens ! Elle s'offusqua un peu d'entendre Morwen roter bruyamment après qu'elle ait, visiblement, vidé sa chope d'une traite. Plissant le nez en une moue de dédain, elle détourna la tête comme une véritable princesse, gênée d'être dans un endroit aussi glauque avec une personne aussi, peu délicate. Pourquoi était-elle ici ?
Un peu piquée parce qu'elle n'avait pas l'habitude de toutes ces choses qui étaient faciles pour les gens comme Morwen, elle essaya de boire cul sec aussi mais ne parvint qu'à s'étouffer un peu en avalant de travers au bout d'une dizaine de petites gorgée, toussant un peu et renversant un peu de bière en reposant trop brutalement son verre sur la table, presque à demi-vide ceci-dit. La directrice avait les joues rougies et l'air un peu flou tout à coup. Si cette bière était de la pisse, c'était assurément trop fort pour une petite nature pareille qui n'avait jamais bu réellement d'alcool.
Ses yeux aveugles étaient un peu dans le vague et elle eut du mal à faire le point lorsque Morwen avorta l'une de ses phrases et elle demanda stupidement : "Hein ? Gardé quoi ?" Elle n'avait pas pensé au ruban à son poignet, qui semblait étrangement ne jamais la quitter, comme si... Comme si quoi ? Elles ne se devaient rien. Mais ce ruban... Elle ne savait pas pourquoi est-ce que cela lui semblait si important. Et pourquoi est-ce qu'elle se sentait moins seule quand ses doigts s'attardaient sur le tissu effiloché et un peu rendu rêche à force d'années. Pourquoi est-ce que ce contact la rassurait. Cela aurait dû être le contraire.

Finalement elle le lui dit, la raison. Des informations ? Un peu surprise parce qu'elle ne s'attendait pas à ça tout en ne sachant paradoxalement pas ce qui aurait pu pousser Morwen à venir la voir, Bryne hocha la tête, un peu ailleurs. Il lui semblait que son corps était un peu flottant mais ce n'était pas déplaisant. Entendant la rousse se lever, elle fit de même, de manière beaucoup plus maladroite que d'habitude, comme si ses gestes étaient un peu gourds. Cependant elle prit doucement les fleurs sur la table, comme si elle répugnait à les abandonner là.
Elle avait l'impression d'être engluée dans de la poisse, aussi fit-elle de son mieux pour suivre le bruit, elle commençait peu à peu à s'habituer à s'echolocaliser mais elle demeurait encore un peu instable. Morwen avait voulu la revoir trop tôt : elle aurait voulu lui en mettre plein la vue mais elle ne réussissait qu'à suivre sans trébucher, ce qui était déjà bien. Se tenant à la rampe pour ne pas tomber, elle suivit la rousse, la rejoignant dans la chambre, un peu perdue dans cet environnement qui n'avait rien de familier. Si vivre à LIndorm avec sa cécité devenait plus aisé au fil du temps, se retrouver dans un endroit inconnu avait quelque chose d'angoissant. Encore plus quand elle entendit les bruits caractéristiques du tissu froissé. Elle se déshabillait ? Mais pourqu... L'évidence lui sauta aux yeux. Elle allait la violer encore une fois ! Abuser d'elle encore une fois. Son corps s'était brutalement tendu et elle resta droite et raide au milieu de la pièce, comme une statue de sel. Ces bruits étaient trop identifiables pour elle, aussi eut-elle du mal à se concentrer sur les paroles de son ennemie.

Le grand drake ? Une scission ? Cela la frappa comme la foudre et elle se détendit comme un ressort, sursautant brutalement au milieu de la pièce alors que cela lui revenait comme une balle en pleine figure. "Mais oui ! La lettre de cette fille !" S'écria-t-elle. "Merde !" Bryne ne jurait jamais - sauf avec Morwen - mais cela était sortit tout seul. La lettre, elle l'avait totalement oubliée ! Mais quelle idiote ! Quelle idiote indigne de son rang ! Comment avait-elle pu oublier ce message ? Il s'était passé tellement de choses depuis que cela lui était totalement sortit de la tête. (Elle n'avait pas eu connaissance de la lettre de Medea car celle-ci dormait encore sous la pile de courriers non-lus par Killian.)
Se traitant d'imbécile, la jeune directrice avait perdu le fil de la conversation, tâtonnant un peu dans la pièce, manquant de se louper quand elle voulu s'asseoir sur le lit, mais elle parvint tout de même à s'y installer malgré tout.
Elle réfléchissait à toute allure mais l'alcool l'engourdissait un peu. Elle frissonna. Il faisait froid.
Silencieuse pendant un bien trop long moment, totalement absorbée par ses pensées, elle finit par en sortir à un reniflement de Morwen.
"Hein ?" Fit-elle, paumée, revenant à la réalité. "Ho pardon. Tu disais ?" Elle secoua la tête, et cela tourna légèrement.
"Pardon, pardon... C'est que ton histoire me rappelle quelque chose d'important qui corrobore tes informations." Elle marqua un temps de pause, après avoir renoncée à savoir si Morwen était habillée ou non - après tout peu importe, tant qu'elle ne la touchait pas, elle ne pouvait pas le voir. "Je ne pensais pas dire cela un jour mais..." Elle inspira. "Merci. Ce sera utile."
Elle s'était assise en tailleur sur le lit, les fleurs dans le giron de sa robe, ses doigts caressant machinalement leurs pétales veloutés, très délicatement, pour ne pas les abimer. Leur parfum lui parvenaient grâce à son odorat qui s'affinait.
Elle se sentait décidément pas trop dans son assiette. Machinalement, la fatigue aidant, elle se coucha sur le flanc, inspirant doucement. Ses bras, là où étaient sortis les ronces étaient bandés jusqu'aux épaules. Elle avait mal. Son dos aussi était encore sensible.

"Morwen... Est-ce que je peux dormir là ? Je ne me sens pas très bien." Dit-elle d'une petite voix. C'était étrange. Elle se sentait engourdie, elle avait chaud, colorant ses joues de rose, se tête tournait. La fatigue sûrement - bien que cela ne soit que la bière en vérité mais elle était bien trop novice pour s'en rendre compte. La Bryne que connaissait Morwen n'aurait jamais dit aussi aisément ses sentiments mais... L'alcool était le meilleur remède à son introspection maladive.
"J'ai froid..." Elle avait pourtant chaud. Et froid en même temps. Elle frissonna. "Est-ce..." Elle déglutit, inhibée un instant, avant que l'alcool la fasse céder : "Est-ce que tu es toute nue ?" C'était une question désespérément naïve et elle avait rougit terriblement alors qu'elle avait le hoquet. "Je t'ai entendue te déshabiller." Expliqua-t-elle entre deux petits hoquets, agacée de cette réaction de son corps.

"Morwen... Tu crois... Tu crois que si quelqu'un m'embrasse, c'est qu'il m'aime ?" La question n'avait plus rien à voir avec le sujet. Visiblement la jeune femme délirait un peu, couchée à présent sur le dos, les yeux dans le vague fixant le plafond sans le voir...


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Morwen O'Shanahan
Message Jeu 9 Avr - 14:55

    Morwen se moquait de ce qu'on pouvait penser d'elle. Elle agissait tout de go, sans se soucier du reste et même le rejet de son attitude par Bryne la laissait de marbre, ou presque : elle s'amusait de son dégoût, comme toujours. Ces deux-là n'étaient que le diamétral opposé l'une de l'autre... à quoi bon se revoir, alors? Elles ne savaient que se tourmenter et se blesser; il n'y avait jamais rien eu d'autre que cela qui comptait pour elle, leurs larmes, leurs souffrances, leurs fantasmes de mort. Et voilà à présent Bryne qui tentait maladroitement de boire sa chope de bière, s'arrêtant pathétiquement à la moitié; pauvre petite. La rousse eut un sourire rogue en se levant: elle n'était pas de ce monde et ne devrait pas y faire long feu. Bryne était une fleur délicate et elle n'avait rien à foutre dans ce dépotoir.

    "Rien", répondit Morwen avec aplomb, signe qu'elle ne reviendrait pas sur le sujet.

    La suite ne fut qu'un vaste mensonge, ou une moitié de mensonge, plutôt. Une envie maquillée, un but travesti pour que la situation n'empire pas. Morwen avait trouvé des renseignements sur le Grand Drake pour des motifs personnels - ces gars-là avaient failli la crever, quand même - mais elle se faisait violence, faisant croire à Bryne que c'était la raison de leur entrevue. Non, il n'y aucune raison à ce rendez-vous. Est-ce un rendez-vous? Pourquoi es-tu venue? Tant de questions. Elle se leva et partit d'un seul mouvement, le ventre douloureux comme si elle avait soudain la colique. La Kevii se massa le ventre en montant les escaliers; la bière, surement. Quoi d'autre?

    La pièce était petit et sale, à l'image du reste de la taverne, sous les combles. Un lit une place était collé contre le mur du fond, aux draps gris. Morwen s'était changé, enfilant ses bas, ses bottes; le sentiment de pression sur ses viscères tait pourtant toujours là et elle ne répondit pas au coup de lucidité de Bryne sur une lettre quelconque. Elle haussa vaguement des épaules, l'air morose.

    "C'est bon, je m'en fous... ça me regarde pas", répondit-elle sincèrement à Bryne, soupirant à ses remerciements qu'elle ne voulait pas accepter, et ne pouvait pas accepter surtout.

    Morwen regarda Bryne caresser les pétales des fleurs qu'elle lui avait volé dans un jardin non loin de la taverne, ayant arraché les tiges épineuses du sol à pleines mains; elle se moquait de la douleur. Cela faisait bien longtemps qu'elle aimait les épines et leur sensation; les ronces, les roses. Les fleurs cannibales, celles comme Bryne. Couchée sur le flanc, elle avait l'air d'un grand félin timide, d'une sorte de cygne blessé. La rousse la regarda un long moment sans lui répondre, soupirant lourdement. Idiote.

    "Bah t'es bourrée, ça va passer...", elle tourna un peu dans la pièce pour faire semblant de dédaigner la jeune femme, "t'es conne."

    A la question semblant si naturelle et candide que Bryne lui posa, Morwen ne put s'empêcher de rire en manquant de s'étouffer; c'était dit avec un tel naturel qu'on aurait dit une petite fille. Elle ne lui répondit pas non plus, profitant de la cécité de sa pire ennemie pour chercher à la faire stresser un peu. Pourtant, la vérité glissa malgré elle, au moins d’en décevoir Morwen.

    "Nan, j'suis habillée."

    Rien de plus à ajouter; elle dormirait ici si elle le voulait, ce n'était finalement la chambre de personne. L'entendant lutter contre le hoquet, l'assassin eut un faible sourire en se dirigeant vers le lit et se penchant sur Bryne.... pour lui ôter ses bottes et la tourner sur le côté, retirant sa cape pour la jeter par terre et couvrir la directrice jusqu'au menton. Morwen ne sut pas quoi faire, restant un long moment debout devant le lit, les bras ballants le long du corps; elle n'était pas fatiguée, n'avait pas envie de tourmenter sa rivale pour une fois... l'instant était étrange, comme suspendu et finalement elle ne put rien faire d'autre que de s'assoir devant le lit, posant ses bras croisés sur le bord de ce dernier, y déposant son menton; elle joua d'un air nonchalant avec le vieux ruban au poignet de Bryne, la sensation de colique imminente la reprenant brutalement. Pourquoi donc...

    A la question posée, étrangement stupide pour Morwen, cette dernière releva le regard sur Bryne avant de lui répondre franchement: "Je sais pas."

    Ces choses-là, elle ne les connaissait pas. L'amour était une chose à laquelle elle n'avait jamais eu droit, et elle avait peur de la tendresse. Pourtant, c'était une drôle de question, une bonne question, et la rousse avait envie d'y donner une réponse valable mais avec sa faible expérience affective, elle n'avait aucune idée de la chose à dire, et de sa logique.

    "Embrasser, ça veut rien dire. Moi j'aime pas qu'on m'embrasse, j'ai l'impression qu'on cherche à me dominer quand on fait ça. J'aime pas."

    Elle se bouina comme elle put, la tête entre ses bras croisés, sans lâcher le ruban délavé. Un souvenir de l’orphelinat lui revint, un de ceux, nombreux, dont elle n'avait jamais voulu parler à personne et quand bien même Bryne se moquerait bien de savoir ce qu'il s'était passé dans sa vie. Morwen parla pour la première fois de ce qu'elle ressentait... du dégoût; les baisers ne veulent rien dire; ils sont des promesses vides de sens au goût du repas de la matinée sur des bouches qui piquent. Ils n'ont aucun sens, sinon la domination; c'était ce qu'elle avait appris de la vie.

    "Les gens s'embrassent pour plein de raisons... c'est dégueulasse, j'aime pas ça..."

    L’évidence lui sauta soudain aux yeux : elle ne pouvait ni vivre sans Bryne, ni vivre avec elle...


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Bryne O'Cuinn
Message Ven 10 Avr - 19:28


Elle sentit les mains de Morwen sur elle. Curieux. Elle n'eut pas de mouvement de recul, pas de geste de retrait, étrangement calme alors qu'elle lui retirait ses bottines et sa cape, frissonnant de la fraîcheur subite. Sa tête tournait, elle se sentait étrange.
"Non, j'suis pas bourrée." Se défendit-elle mollement, mais son hoquet et ses joues rougies la contredisait. Elle se laissa coucher, rassurée que Morwen ne soit pas nue. C'était mieux qu'elle ne le soit pas, non ?

Se sentant couverte, elle attira à elle le drap, se lovant un peu dedans sans prendre garde au fait que la literie laissait à désirer. A cet instant la petite princesse s'en fichait bien. Elle sentit Morwen grimper sur le lit, et des doigts étrangement familiers jouer avec son ruban. Enfin le ruban de Morwen. Ce n'était pas très clair. Mais pas désagréable. Elle avait un peu mal à la tête et la sensation d'avoir le tournis, mais légèrement. C'était plutôt bizarre, mais pas forcément désagréable, comme si elle flottait sur un petit nuage tout en étant encore assez consciente pour apprécier cette sensation. Bourrée ? Certainement pas.

Les propos de Morwen sur les baisers l'interloquèrent un peu. Elle l'écouta, pour une fois docile, prenant au pied de la lettre les propos de sa Némésis. Embrasser c'était dominer ? C'était un peu vrai. Elle non plus n'aimait pas ça. Mais c'était sûrement lié au fait que ce geste lui rappelait la bouche gluante et invasive de son cousin. De Morwen ? Elle se mordit la lèvre dans un frisson étrange. Elle se sentait seule, parce que Sloan était son cousin et qu'il l'avait trahie alors qu'elle s'ouvrait à lui pour la première fois. N'avait-il donc rien retenu de son message ? Les hommes n'étaient que des égoïstes et des prédateurs incapables de dominer leurs pulsions. Morwen ressemblait étrangement à cette description.
"J'aime pas non plus." Elle parlait d'embrasser. C'était le cas. Alors pourquoi s'était-elle un peu contorsionné, se retrouvant toute proche du visage de son ennemie intime ? Elle tendit les doigts, sentant la joue chaude, pliée un peu n'importe comme sur le lit. La cape retirée, les manches de sa robe laissaient voir ses bras bandés. Des souffrances de plus. "J'ai mal au ventre." Grimaça-t-elle. C'était le cas. Sans doute la bière. Quoi d'autre ?

Quelque chose en elle se pinçait, diffusant une drôle de sensation au creux de son bas-ventre, pulsant doucement. Elle ressentait les étranges aléas de son corps avec une acuité plus forte du fait de sa cécité.
"Tu voulais vraiment juste me dire tes infos ?" C'était dit avec naïveté. Mais il y avait un tremblement dans la voix basse qui n'était pas là habituellement. Leurs visages étaient tout proche, elle sentait le souffle de Morwen. Elle avait l'odeur de la bière rance du coin.
Fermant les yeux, la directrice avança sa bouche et rencontra celle de sa pire ennemie. Doucement. Un baiser tout chaste et maladroit de - presque - pucelle. C'était... Chaud. Humide aussi. Pourtant, ses entrailles se nouèrent de nouveau, plus violemment cette fois en une pulsation qui partait de trop bas et qui avait quelque chose d'effrayant. Elle était cramoisie. Cependant, elle entrouvrit la bouche, sans trop savoir comment on faisait, car elle n'avait jamais été formée à ça en dehors des romans à l'eau de rose qu'elle lisait en cachette avant de perdre la vue.
Sa langue rencontra celle de Morwen, épaisse et au goût acide. Elle ne se dégonfla pas, malgré la vive coloration de son visage. Que faisait-elle ? Elle embrassait une femme dans une taverne mal famée ? Une criminelle ? Sa pire ennemie ?
Ce fut elle qui rompit le baiser, s'effarouchant d'un rien, alors que la chaleur et le pincement de son bas-ventre s'accentuait. Curieusement, elle se sentit mieux. Soulagée d'un poids.
"Je t'ai dominée, là ?" Fit-elle, à moitié fière d'elle, à moitié hésitante, à la manière naïve des enfants qui n'y connaissent rien aux choses de grandes personnes et qui ne font que les singer tant bien que mal.

Elle se mordit les lèvres alors que la crampe revenait dans son ventre. Pourquoi son souffle était-il si rapide ? Il lui semblait que son corps était devenu subitement plus sensible, comme si le moindre frôlement du tissu sur sa peau abimée lui parvenait avec une acuité effrayante.
"Je ne veux pas que quelqu'un d'autre que toi me domines." Glissa-t-elle, parce que la griserie de l'alcool lui donnait un courage qu'elle n'aurait jamais eu : celui de dire ce qu'elle pensait vraiment.


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Morwen O'Shanahan
Message Ven 10 Avr - 22:22

    Dédire, c'est s'accuser, dans bien des domaines. Morwen se sentait à la fois fatiguée et maussade, le menton sur le bord du lit, sur ses bras croisés, les yeux mi-clos. Ce n'était pas la nuit qui avançait qui l'épuisait, mais autre chose de plus diffus, plus insidieux; cette sensation de colique tenace qui lui tordait les intestins depuis de longues minutes, sans trop savoir pourquoi. Peut-être était-ce la proximité de Bryne qui encore une fois lui tournait la tête... elle ne savait pas. C'était la haine qui la faisait tenir; la haine qui brulait dans son esprit, qui la rendait malheureuse mais qui donnait du sens tout ce qui n'en avait jamais eu. La haine, le courage qui manque aux lâches; celle qui fait oublier tout les autres plaisir que celui de détester. Haïr, c'était la seule chose qu'on lui avait jamais offert, depuis les mines de Dwem jusqu'aux couloirs de Lindorm. Alors elle faisait ce qu'elle avait appris à faire, cette rousse qui sommeillait aux pieds du lit, tortionnaire et chien fidèle de cette femme qu'elle aimait au delà de toute raison.

    Dehors, il faisait noir, si noir. Enfant, Morwen craignait ce noir abyssal, celui dans lequel son grand-père la plongeait quand elle lui déplaisait. Le sombre du placard sous l'escalier avait été son seul refuge et sa prison à la fois et à l'envi, le vieil homme faisait dormir la fillette à même le sol, pour la tourmenter. C’était pour cette raison que la Kevii préférait dormir par terre, dans un tas de linge sale ou pas; une habitude. Cette nuit encore, comme Bryne restait dormir, elle se coucherait sur la cape de sa pire ennemie pour chercher le réconfort dans son odeur, dans la dureté des lattes du parquet. Elle avait si peur du noir, comme l'enfant qu'elle s'obstinait à rester alors qu'elle était presque trentenaire, craignant de passer à l'âge adulte. Et les baisers étaient tout comme la tendresses, des agressions inconnus; elle compris Bryne sur ce dégoût. Les baisers ne veulent rien dire; il ne sont que des chaînes qui attachent des gens ensembles, et ça ne sert à rien. Les baisers sont toujours à sens unique : quelqu'un les donne toujours en premier, et on doit les accepter.

    Et pourtant, le visage si proche du sien appelait par sa bouche à un baiser. Morwen ferma les yeux sans rien dire en sentant les doigts fins et froids de Bryne sur sa joue, essayant de ne pas refuser ce contact incroyable, perturbant... Bryne la touchait de son plein gré. Ça n'avait aucun sens; et la douceur de cette petite main lui donnait envie de se répandre en pleurs bruyants et de briser ce lit, ces fenêtres, ce mobilier. De tout briser... la rousse se tendit imperceptiblement sous la caresse, sentant le souffle de la directrice sur son visage. Toute proche, si proche... Morwen avait l'impression de pouvoir boire le souffle chaud de Bryne, en cet instant. C'était tellement étrange... pourquoi?

    "Moi aussi.... c'est s... surement la bière, ça donne envie de p-pisser..."


    Surement; quoi d'autre? Leurs voix se répondaient dans leurs hésitations avec quelque chose de charmant et de perturbant à la fois, sonnant de la même envie un peu souterraine. Quel sentiment peut ainsi lier deux personnes qui n'avaient fait que se haïr, que se détruire. Pourquoi ces souffles se mêlèrent, ces bouches se rencontrèrent autrement que sous la contrainte, que par la violence? Depuis tant d'années, la rousse avait rêvé en secret d'un baiser qu'on lui offrirait, pas pas qu'elle prendrait de force. D'un baiser doux et tendre de Bryne O'Cuinn... comme si, en revenant en arrière de plus de dix ans, il fut un jour possible que la jeune directrice encore adolescente se soit un jour retourner pour voir cette élève anonyme incapable de parler correctement à dix-sept ans. Comme si entre elles, dans la promesses de leurs langues caressantes, ils auraient pu avoir autre chose que de la haine et du mépris. Sans morsure, sans injures... quelque chose de vague, de triste, un peu. Mais de très doux. Quelque chose que ne connaissait pas Morwen.

    L'amour inconditionnel qu'elle avait pour Bryne intoxiquait l'assassin depuis bien des années; elle rendit le baiser bien moins sauvagement qu'on aurait voulu le croire, les yeux fermer, les doigts accrochés dans le drap du lit; elle avait mal aux genoux. Elle avait mal au cœur. Bryne la tourmentait, elle tourmentait Bryne... cette routine se brisait alors qu’elles s'embrassaient dans cette chambre vétuste et anonyme, sans aucune violence; qu'allait-il advenir de leur opposition, alors même qu'elles échangeaient maladroitement de la tendresse? Morwen avait pleuré, parfois, souvent, en pensant à Bryne. Elle n'avait jamais rien espéré d'autres que ses coups et sa détestation, car elle n'avait jamais connu que ça de son grand-père et n'avait jamais pu reproduire que ça sur ses proches. Caeruleus en avait fait les frais... et pourtant... le baiser se rompit de l'initiative de la jeune directrice, laissant l'assassin hébétée, et très triste dans le fond.

    Pourquoi se sentait-elle si triste, alors que celle qu'elle aimait plus que tout venait de l'embrasser de son propre chef? Elle ne sut quoi lui répondre tant elle était sonné et trouvait les propos de son ennemie stupides, un peu décalés. Elle n'avait pas ressenti de domination dans ce rapprochement, juste quelque chose de... doux; d'inconnu. Ça faisait peur, ça faisait très mal au ventre. C'était un truc de grandes personnes qui allait plus loin que le sexe, c'était certain. Un truc qu'on ne peut pas cacher et qui faisait très peur. Un truc qu'on espère dans le noir, dans le placard sous l'escalier, mais à la place de quoi on ne reçoit que des coups de ceinture. Un truc qu'on quémande comme un chien... un peu d'amour, de quelqu'un. Juste qu'on voit qu'on est là, dans le noir.

    La révélation de Bryne lui fit quelque chose, et Morwen baissa la tête dans le drap du lit, le cœur en morceaux.

    "Je... je veux...", c'est vrai, qu'est-ce qu'elle voulait finalement, "être la s...", ce n'était pas vrai... "non... je veux que tu me vois..."

    Ne plus être seule dans le placard sous l'escalier. La sensation des lèvres de Bryne sur les siennes était tellement tenace... pour la première fois de sa vie, Morwen sourit dans le noir, sincèrement, mais Bryne ne pouvait pas le voir. D'un sourire d'enfant reconnaissant d'avoir été remarqué dans son coin, d'avoir reçu un geste. Un os pour le chien. Elle se mit à pleurer en reniflant, en de lourds sanglots, relâchant tout l'angoisse qu'elle avait accumulé depuis l'enfance, tirant sur le drap.

    "Bryne... je ... je t'aime.... je t'aime tellement..."

    Elle ne s'excusa pas, ne mentit pas. Morwen ne pouvait vivre ni sans, ni avec Bryne et ce constat lui donnait l'impression d'avoir raté le coche; l'idée que l'amour puisse naitre entre elles l'angoissa invariablement, lui donnant l'impression d'avoir tout gâché en pensant que Bryne ne pouvait que la haïr. Et si, finalement, celle qu'elle aimait aurait pu l'aimer. Si cela avait été possible? Ce serait une catastrophe car le monde de colère et de rage de Morwen ne tenait plus debout. Elle cacha son visage dans le drap.

    "Dès que je t'ai vu... je.. je t'ai aimé. Je n'ai jamais aimé que toi mais... je pouvais pas parler... j'ai appris à parler à dix-sept ans... je pouvais pas te dire combien je t'aimais et après... je me suis dis que si tu pouvais pas m'aimer, tu pouvais me haïr..."

    La vérité, toute nue. Petite et moche, humaine en somme.
    La vérité de Morwen, un secret de placard sous l'escalier.


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Bryne O'Cuinn
Message Sam 11 Avr - 11:02


Les coups, les pleurs, les cris. Les bruits de la haine et du chagrin. Elle n'avait connu ni coups, ni cris. Ni murmures, ni gestes. Jamais touchée, constamment ignorée, baladée de précepteurs en nourrices qui ne pouvaient la toucher sans que les ronces ne se manifestent. L'enfant aux épines noires. L'enfant fleur carnivore. Elle avait été sage, elle avait été obéissante, elle avait tenté de brillé dans tout, absolument tout. Pour un regard, pour une main qui se poserait sur ses cheveux. Pour un peu d'attention, de chaleur, d'amour.
Morwen avait pleuré dans l'obscurité, entre hurlements et coups. Elle avait pris des roustes, des coups de pioche. Elle était devenue un animal sauvage incapable de faire autre chose que de tirer sur ses liens en aboyant et écumant de rage.

Des contraires. Noire et blanche. Ronces noires et blanche âme. Noir cœur et blancs sentiments. Juste des contraires qui s'attirent et se méprisent. Se désirent et se repoussent à la fois.

Ce baiser était vertigineux. Terrible aussi, dans tout ce qu'il signifiait. Il avait fallu qu'elle soit aveugle... Pour voir le monde qui l'entourait.
Et elle entendit soudain les sanglots répondre à ses propos maladroits. De lourds sanglots d'enfant, les même que les siens lorsqu'elle pleurait dans l'obscurité. Sans lumière, les plantes sont chétives et laides, poussant toutes tordues et sans couleurs ni parfums. Alors quand elle balbutia qu'elle voulait qu'elle la voie, Bryne posa ses yeux morts sur elle, se sentant étrange alors que les mots sortaient tout seuls.

"Maintenant, je te vois." C'était vrai. Dans tout ce que cette phrase avait d'étrange pour l'aveugle. Elle voyait Morwen, pour la première fois. Elle la voyait aussi tordue, aussi pâle et sans parfums. Une fleur qui a grandi dans l'obscurité.

Elle pleurait alors qu'elle lui disait "je t'aime." Pourquoi pleurer lorsqu'on aime ? Ce sentiment faisait tellement de mal. L'amour véritable, elle l'avait éprouvé pour le seul capable d'être digne d'elle et dont elle ne savait rien des travers. Elle avait aussi pleuré pour l'amour ignoré et repoussé. Comme Morwen, elle avait sangloté dans son lit, cherchant un sens à tout ça. Cherchant un Dieu aveugle et muet qui ne lui donnait plus aucune réponses.
Alors, doucement, elle se laissa glisser à bas du lit, entraînant le drap avec elle. Lentement, elle entoura Morwen de ses bras, la serrant maladroitement contre elle, elle qui ne savait pas consoler les autres.
Pourtant, elle la tint contre elle, de manière complètement imprécise mais sincère, assise elle aussi par terre. Elle pleurait en lui disant qu'elle ne savait pas parler pour le lui dire quand il aurait été temps. Quand leurs mondes n'étaient pas si éloignés.

"Il y a bien de moyens de dire les choses sans parler." Dit-elle finalement, mais son coeur savait la vérité : elle n'aurait rien voulu voir. "Mais j'étais aveugle à tout parce que j'ai grandi dans le noir et que l'on avait toujours eu peur de moi." Aveugle, elle l'avait été toute sa vie. A présent que l'obscurité était son quotidien, elle comprenait qu'elle était idiote et qu'elle s'était mise elle-même en retrait de ce monde, persuadée que, comme ses parents, personne ne voudrait jamais d'elle si elle n'était pas la meilleure. Elle n'avait que des amis superficiels, et des relations sans sincérité parce qu'elle avait argué n'avoir jamais besoin de personne. Alors personne ne s'était jamais attardé. Céleste avait été la seule. Son amie, sa vraie amie. Mais elle l'avait perdue à cause des hommes.
Ses bras autours de Morwen, c'était un peu étrange. Mais vraiment tant que ça ? Bryne était une fleur de carnages, qui ne pouvait toucher les autres qu'en leur ôtant la vie, prenant plaisir à ces batailles comme un démon souriant. Enfin, elle pouvait toucher les autres. Et les tuait. Morwen était identique, elle qui prenait la vie des femmes en les violant comme pour atteindre quelque chose de supérieur.

Elle ne pleurait pas, la femme aux cheveux verts, alors que sa joue reposait sur la tête de Morwen. Doucement. Ce moment volé au monde. Personne pour les interrompre ou les jeter derechef l'une contre l'autre. Personne pour blesser ces deux oiseaux vert et rouge. C'était un bien drôle de moment, fait d'envies souterraines et de mots voilés. L'alcool n'était qu'un idiot prétexte. Ce n'était que de la bière dont l'effet, déjà s'atténuait. Mais la griserie étrange demeurait. Son cœur battait à toute allure. Elle était son contraire. Le blanc. Le noir. Et pourtant, elle la serra plus fort, comme pour lui dire sans un mot qu'elle était là, bien vivante. Elle se souvint des larmes de ce visage aux yeux rouges, sa dernière vision de ce monde. Les pleurs de Morwen pour elle, pour cette vie qu'elle s'acharnait à sauver et à détruire en même temps.

L'amour n'est qu'une douce illusion. Pourtant, cette femme vulgaire et simplette qu'elle se persuadait si fort de haïr, l'aimait. Elle, la fleur carnivore. La mère des ronces noires. Elle la serrait, comme sur le champ de bataille alors que son dragon la sauvait de la mort. Hagen le Titan indifférent aux mortels avait sauvé cette vie. Pourquoi ? Il avait refusé de le lui dire. Peut-être n'avait-il épargné Morwen que pour ce moment hors du monde et du temps. Pour ces secondes à se blottir toutes les deux, seules mais ensemble. Il faisait moins noir, lorsqu'une main tenait la vôtre.

"Je suis désolée." Dit Bryne, tout bas. Désolée d'avoir été ignorante et aveugle si longtemps. Et elle se pencha, pour lui donner un baiser. Un baiser salé. Un baiser paisible, étrangement, là où elles ne faisaient que se déchirer pour mieux s'atteindre. Et au creux de son corps, fleurissait une rose toute ourlée d'épines. Une fleur dangereuse et carnivore mais d'une beauté terrifiante...


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Morwen O'Shanahan
Message Sam 11 Avr - 20:20

    C'était con, tout ça. Morwen avait simplement glissé dans la spirale facile de la haine qu'elle avait toujours connu et les choses s'étaient arrangées de cette manière. Comment peut-on savoir qu'on est tombé amoureux si jamais personne ne vous a expliquer ce qu'était la tendresse et l'attachement? Dans la vieille, baraque de son grand-père, dans les mines de Dwem, dans les couloirs de Lindorm, la prison de la Tour Perlée, les souterrains du sanctuaire de la Main du Jugement... et un but pour tenir, préférentiellement inaccessible, pour courir à jamais après. Bryne O'Cuinn; une créature lointaine et sans chaleur, complètement différente d’elle, hors de son monde, hors de sa portée. Un but pour tenir, un fantasme pour continuer à avancer. Désirer l'inobtenable, espérer l'impossible, toucher l'inaltérable. Pour avancer sans jamais que le voyage n'ait de fin. Alors, que faire quand l'impossible rassurant devenait possible? Comment lutter contre cette envie de fuir, de vomir, se s'arracher la peau du corps, la chair du cœur? Espérer pour de vrai, c'était comme briser une règle d'Or, comme donner des coups de masse dans les fondations même de sa propre existence. C'était devoir à présent choisir entre un fantasme pour se donner un but ou l'accomplissement d'une réalité effrayante mais secrètement espérée.

    dans la révérence de son lit minuscule aux draps douteux, Bryne était le couperet et le salut de Morwen, à la fois billot d'exécution, fouet mordant et fleur de l'espoir. Maintenant, elle la voyait; cette phrase fit l'effet d'un madrier en pleine poire. Bryne voyait enfin Morwen, peu importe comment: elle venait de la remarquer et se rendre compte que cette haine, cette violence et ce sadisme n'avaient jamais rien pu faire pour cela plongea la rousse dans l'incertitude. Qu'est-ce qui avait changé? Rien. Ou plutôt rien de son côté mais tout du côté de Bryne. Les choses ne seraient assurément plus jamais les mêmes entres elles et Morwen eut soudainement terriblement peur de ce qui se jouerait dans cette vieille chambre. La rousse aurait voulu repousser la jeune femme, la frapper à nouveau, se montrer cruelle et simplement prendre ce qu'elle estimait être devenu son dû; mais rien ne vint lorsqu'elle sentit Bryne descendre du lit et la serrer contre elle. Rien de plus qu'un grand vide, un instant suspendu qui déchira toutes ses fausses certitudes.

    Était-ce cela, la tendresse? Cette chose que tout le monde cherche confusément, l'attention de la personne qu'on aime? C'était... doux. Différent; c’était doux et ça faisait peur, ça donnait le vertige, le tournis. Ça faisait... du bien. La Kevii se laissa serrer en désespoir de cause, ne sachant trop quoi faire, incapable de rendre la pareille. C'était trop nouveau, trop différent... trop inespéré. Trop impossible. Elles restèrent simplement assise par terre, serrées l'une contre l'autre sans que personne ne pourrait les séparer en cet instant. Ne pas se frapper; ne pas se dire au revoir... l'une contre l'autre, mais pas dans la souffrance. Comment était-ce possible? Morwen fut trop confuse pour répondre quoi que ce soit à Bryne, ou esquisser un geste en retour: sa tendresse s'étourdissait soudain et seules les larmes étaient les bonnes réponses aux excuses de la jeune femme.

    Le baiser l'étonna moins que le précédent, et elle y répondit d’instinct, entourant la fine taille de celle qui avait toujours été son ennemie de ses bras, sans lui faire mal pour une fois. Morwen attira Bryne à elle et elles s'embrassèrent volontairement, l'une avec l'envie de l'autre. Elle la serra, tremblant sous le coup de l'excitation, sentant la douleur de son estomac remonter encore un peu plus pour se préciser; ce n'était pas de la douleur, mais de la simple envie. L'envie de Bryne, de la personne qu'on aime. La rousse embrassa cette bouche comme si elle ne la connaissait pas; elle ne la connaissait pas vraiment, à vrai dire. Le reste fut nébuleux, inexplicable et lorsque leur baiser se rompit, elle se contenta de dire, un peu bêtement:

    "Qu'est-ce qui va se passer, maintenant?"

    Morwen avait gardé Bryne contre elle, l'asseyant sur ses cuisses épaisses pour que la jeune femme ne se heurte pas à la rudesse du sol de bois. Si elles pouvaient recommencer à zéro, effacer leur haine, faire comme si elles n'avaient pas de passé, serait-ce la solution? Bryne l'aimerait-elle? Était-ce que signifiait cette tendresse inopinée, incroyable?

    "Hé..", commença la rousse, "je m’appelle Morwen O'Shanahan, je suis née à Dwem, en Terreclaire.... et toi?"

    Bonjour, Bryne, je m’appelle Morwen.
    Veux-tu être mon amie, même si je ne suis pas tout à fait comme les autres?
    Bonjour Bryne, je t'aime.


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Bryne O'Cuinn
Message Sam 18 Avr - 13:10


Le changement était une chose effrayante, lorsqu'on ne sait comment attraper ces fugaces instants marquants un tournant dans sa vie. Parfois, une chose vous arrivait entre les mains, comme une balle imprévue et il fallait la conserver ou la jeter au loin. Parfois, l'on pouvait louper le coche. Faire tomber par réflexe cette chose nouvelle et fragile. Ou la tenir bien au creux de soi, pour le meilleur et le pire.
A cette heure, contre cette bouche qu'elle ne connaissait pas vraiment - pas comme ça, pas doucement - elle sentait ses drôles de certitudes vaciller alors que leur envie se répondait pour la première fois. Chaude et pressante, comme un tiraillement du bas de son ventre. Elle sentait son corps se tendre un peu trop, ses doigts se crispant un peu sur les épaules de la rousse alors qu'elle se sentait attirée sur ses cuisses. Elle ignorait ce qu'était le désir de l'autre, l'envie d'un autre corps. Les choses du sexe lui étaient étrangères et hermétiques. Elle ne savait pas elle-même décrypter les tensions qui faisaient frisonner sa peau. Alors, elle se sentait étrangère à elle-même. Contre ses doigts un peu gourds et maladroit, Morwen avait des courbes pleines, la surprenant un peu, car elle l'avait quittée maigre comme un clou rouillé. Contre son torse se pressait le renflement de seins généreux et ce contact lui rappelait que c'était une femme dans ses bras. C'était intolérable. Et pourtant délicieux. Une chose sucrée et interdite. Un désir inavoué et secret.

Ce qui allait se passer ? "Je ne sais pas." Souffla Bryne avec sincérité. Elle n'en avait rien. Elle avait semé entre elles de drôles de graines. Et elle n'avait aucune idée de ce qu'il convenait de faire à présent que cela germait. Que faire de cette petite pousse chétive mais robuste ? L'ignorer ? Repartir comme avant ? Ou simplement tout changer ?
Elles ne savaient rien l'une de l'autre tout en se connaissant pourtant mieux que personnes. Ennemies intimes. Délicieuses fleurs carnivores et sauvages. Deux mauvaises herbes qui poussent malgré toute la sécheresse du cœur des autres.
Assise sur les cuisses de sa pire ennemie, le coeur chamboulé, l'esprit engourdi, l'envie au creux du ventre, elle l'entendit se présenter. Et, inexplicablement, cela la fit rire. Et le son de son rire, bref et pur, la surprit elle-même. Un petit rire sincère. Morwen et elle ne se connaissaient pas. Elles se battaient pourtant si sauvagement l'une contre l'autre que cela avait quelque chose de magnifique.
Cependant, elle répondit, très sérieusement, relevant un peu le menton. "Je m'appelle Bryne O'Cuinn, je suis née à Orëa, à Keven. Je suis la directrice de Lindorm et l'ancienne Capitaine des Lianes Terrestres. Et toi, tu fais quoi dans la vie ?"

Elle réalisa en disant ces mots qu'elle la tutoyait depuis si longtemps sans s'en rendre compte. Que le désir d'elle lui mordait les entrailles tout en sachant que ces deux jours seraient leur secret le plus absolu. A Lindorm, on la croyait dans sa famille pour affaires. Dans sa famille, on la croyait à Lindorm. Personne ne viendrait, cette fois, briser ces instants fragiles.
Le corps fatigué, elle s'appuya un peu contre cette ennemie dont elle ne pouvait plus voir les traits mais qu'elle voyait si intensément à présent. Blottie contre cette chaleur à la fois étrangère et familière, elle appuya sa tête sur son épaule, contre son cou. A l'abri de ce monde qui laissait faner les fleurs pour peu qu'elles ne soient pas celles que l'on imaginaient. Nobles roses, Lys odorants, délicates pensées. Mais même les ronces savaient fleurir, de leur doux parfum empoisonné.


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Morwen O'Shanahan
Message Sam 18 Avr - 21:37

    Entre le drame et la colère, la réalité palpable mais comme impossible d'un trêve entre Bryne et Morwen effrayait cette dernière et pourtant c'était avec maladresse qu'elle tenait la jeune femme contre elle, refusant de la laisser s'enfuir une fois encore. Pourtant cette foi, personne ne se frapperait. Le sang et les larmes ne couleraient pas; c'était leur violente routine, celles de deux femmes qui ne savaient pas comment il fallait faire pour être proches des autres. Au delà ce cette routine meurtrière, y avait-il quelque chose? Avaient-elles vraiment envie de passer outre leur haine, auraient-elles réellement raison de le faire? La rousse n'en savait rien, n'étant pas une femme de questionnement mais d'action. Bryne ne savait pas non plus ce qu'il adviendrait après cette nuit et chacune était dans l'expectative des décision de l'autre. Chaque parti était sincère à son étrange manière et l'une contre l'autre, pas l'une opposée à l'autre, les deux femmes se surprenaient de leur proximité après tout ce qui les avait toujours maintenues à distance, depuis si longtemps.

    Morwen avait cherché Bryne dans toutes les femmes qu'elle croisait sans jamais la trouver, l'espérant sans vouloir la croire accessible, cherchant à la haïr sans autre recours possible à ses sentiments; la voilà pourtant sur ses cuisses, chacune perdue sur les lèvres de l'autre dans une douceur qu'aucune ne suspectait d'elle-même, et de l'autre. Un baiser, et personne ne savait plus rien: le cœur est un temple faible aux constructions de porcelaine. Le cœur est un siège capricieux, un trône où tout le monde veut s'assoir, mais peu l'osent et y parviennent. C'était une chose si étrange et aléatoire. Le rire de Bryne serra le cœur de Morwen : c'était la première fois que la rousse entendait cette femme rire sincèrement; pourquoi riait-elle? Se moquait-elle encore d'elle? Elle ne savait pas, faisant un peu la moue, comme vexée mais au fond d'elle un autre sentiment dominait. Celui de l'amour, qui s'enchante d'un rire clair. Celui, plus connu, du désir aussi, qui plantait son dard dans la chair et mordait les muscles tendus. Le regard perdu dans les yeux morts de Bryne, Morwen se contenta de lui répondre avec sicnérité.

    "Je suis assassin", elle continua, sérieusement, "je suis dans la Main du Jugement."

    Morwen n'avait rien à cacher: Bryne savait déjà presque tout et elle était involontairement sa complice en toutes sortes de choses, dont la mort d'Ereon, son ancien fiancé. Elle avait caché la rousse, l'avait aidé à s'évader... que signifiait un secret éventé? Bryne saurait, et alors? Personne ne savait où se trouvait le Sanctuaire. Cependant cela pouvait expliquer bien des choses, dont la capacité étrange de Morwen à se cacher de l'armée des Territoires depuis toutes ces années et avoir d'aussi bons informateurs. Sentant Bryne se blottir contre elle, la rousse releva le visage d'un geste un peu brusque et lui embrassa le menton; elle ne s'était pas loupé, c'était son menton qu'elle voulait embrassé, le ventre embrasée d'une envie qu'elle connaissait bien et qui la faisait serrer ce petit corps chéri et détesté à la fois de toutes ses forces.

    "T'as envie de moi?", demanda Morwen, se souvenant de ce que Shiki lui avait appris et expliquer sur les rapports entre les gens.

    Consensuel, vraiment? Serait-ce possible de ne pas prendre, mais de partager? Morwen n'était pas sûre que la chose lui plairait, ou même qu'elle fut possible mais elle sentait bien le corps de Bryne se tendre contre ses cuisses, son ventre, la faisant vibrer d'une envie tout sauf inconnue...


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Bryne O'Cuinn
Message Sam 18 Avr - 22:15


Blottie contre elle, elle l'entendit finalement lui parler de son métier, la surprenant étrangement, alors qu'elle mentionnait... Levant le nez un instant, la jeune directrice ouvrit de grands yeux, surprise avec une sincère candeur.
"La Main du Juge... Mais... C'est..." Elle cilla, complètement incrédule. La Main du Jugement, on effleurait la mention de cette organisation, une secte secrète et antique dont l'existence était bien souvent remise en cause. L'on apprenait qu'ils étaient responsables du terrible massacre de la nuit de Walpurgis. Mais Haalu senior aurait dit que c'était totalement faux, bien qu'il y ait effectivement eu un de leurs assassins de l'époque qui avait été étroitement impliqué mais ce dernier avait été désavoué. Bryne, cependant, savait que ce qu'on avait pu lui dire à l'école, autrefois.

"Mais... C'est un mythe... Tu veux dire que tu est dans cette guilde ?" Elle se tut. Cela expliquait en effet bien des choses, dont le fait que cette médiocre combattante ait pu s'améliorer à ce point en trois ans. Et comment elle avait pu échapper à la justice si longtemps. Bryne avait même fini par croire que Morwen avait rejoint les Wyrms.
Alors, elle, une élite des assassins des Territoires ?
Perturbée par cette révélation mais aussi pour la franchise de Morwen à son égard, elle soupira, confuse tout à coup, alors qu'elle comprenait que l'assassinat de son fiancé n'avait pas été un simple coup d'éclat isolé. Que Morwen était payée à tuer. Un contrat est un contrat. Elle avait passé un contrat avec elle et bien des réactions de son ennemie lui apparaissaient plus claires.
Un instant, elle fut littéralement dévorée de curiosité. Mais elle pensait que la rousse ne lui répondrait pas, car elle était sûrement tenue au secret. Cependant, elle aurait aimé savoir bien des choses, car ce qu'elle ignorait la fascinait. Ce groupuscule était véritablement un mythe et savoir qu'ils existaient vraiment...

Troublée, elle se laissa aller contre son ennemie, un peu fatiguée - elle s'épuisait vite à cause de son corps fragilisé par le poison. La question la fit cependant sursauter violemment, comme si Morwen venait de la piquer et elle se sentit rougir violemment. Pourtant, la morsure inconnue du bas de ses reins était bien là et elle ne comprenait pas vraiment ses propres besoins, trop étrangère aux choses du sexe pour vraiment se sentir à l'aise avec tout ceci.
"Je... N..Non..." Balbutia-t-elle, s'empourprant de plus belle. C'était un mensonge, et elle glissa un peu en s'agitant, sa cécité la faisant s'empêtrer un peu dans le drap qui était tombé avec elles, et elle heurta la poitrine de Morwen, la sentant appuyer contre la sienne, lui causant une nouvelle décharge électrique au creux du ventre.
"...Pourquoi ?..." Demanda-t-elle. Pourquoi demandes-tu ça ? "Toi tu..?" Elle se sentit rougir encore, se mordant la lèvre, agitée et un peu fiévreuse.
Elle lutta encore un peu contre son corps, contre son désir. Puis, doucement, elle avoua dans un balbutiement, un souffle léger comme une caresse : "Oui..."

La nuit les enveloppa dans une étreinte, un désir, une envie. Une trêve, précieuse, comme un joyau dans l'obscurité.

[Clos]


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